Road trip dans les Grisons: première partie

Sirop d’arole, randonnées et cours intensif de romanche. Première étape d’une escapade automnale dans le canton des Grisons. 

Départ de Zurich, en voiture de location, pour un périple de 5 jours dans les Grisons. Après trois heures de bitume avec un transbordement de la route au rail pour traverser le tunnel ferroviaire de la Vereina, nous voilà catapulté dans le royaume de la tarte aux noix d’Engadine. 

Au cœur du Val Bernina, entouré de forêts d’aroles, le village de Pontresina pointe son nez. La station de ski abrite 2100 habitants à l’année. La silhouette d’un château féodal s’élève dans le ciel avec ses tourelles au milieu d’un banc de brume. L’hôtel Walther sera la première halte de cette Route du Bonheur, road trip orchestré par le groupe Relais & Châteaux, entre la Haute et la Basse-Engadine. Dans ce canton qui occupe un sixième du territoire helvète, on parle trois langues et on pratique deux religions. En somme, il s’agit d’un modèle réduit de la Confédération.

– Allegra e bainvgnieu !

La réceptionniste arbore un large sourire. On recule d’un pas. L’heure est à la concertation avec mon amie qui m’accompagne durant ce voyage. 

– Pourquoi as-tu fait la réservation à ce nom bizarre ?

– Hein ? Mais non. Je crois qu’elle veut nous dire autre chose… 

Anne-Rose Walther, propriétaire de l’établissement, se joint à notre aparté. Elle nous tend chaleureusement son coude (COVID-19 oblige). « Elle vous a salué et souhaité la bienvenue ! C’est du romanche. » Surexcitation totale de mon pouls. 44 ans que je vis en Suisse sans avoir entendu un seul mot dans cette langue. 

Après une pause relaxante dans l’espace bien-être «Aqua Viva» de 600m2, on rejoint les propriétaires dans le grand salon rénové il y a trois ans. Construit en 1907, le palace de style Belle Epoque accueillait avant la première guerre mondiale l’aristocratie européenne. Le décor historique mariait les motifs floraux du Jugenstilaux vitraux historiques du Heimatstil, ce style «national» en vogue en Suisse alémanique dès 1910.  Durant son lifting, le rez-de-chaussée a retrouvé son parquet d’origine, le mobilier design sublime l’espace de ce tourisme d’antan. On imagine les fêtes de l’entre deux guerres, ces années folles où le champagne coulait à flot. 

Le pianiste entame un air de jazz. Le feu de la cheminée crépite. Autour d’une coupe de prosecco, Thomas Walther et son épouse Anne-Rose ne lésinent pas en anecdotes sur ce palace tenu depuis trois générations par leur famille.«Mon grand-père le dirigeait après la deuxième guerre mondiale. Il portait la cravate même pour pêcher dans les rivières voisines», se rappelle Thomas. Ici, les saisons filent mais les clients fidèles restent. «L’une de nos habituées est née la même année que l’hôtel. En 2007, nous l’avons invitée à fêter ce jubilé. Elle s’est excusée trois jours car son fils était malade et elle souhaitait rester à son chevet. Il devait avoir septante ans passé ! Toujours tirée à quatre épingles, elle est décédée à 107 ans.» 

En nous accompagnant au restaurant Gondolezza, Anne-Rose Walther nous confie avec malice son secret quant à la gestion de ce quatre étoiles supérieur : «Mon mari porte la culotte mais je choisis la couleur.» Au milieu du jardin : la cabine d’un téléphérique semble s’être décrochée du ciel. Achetée sur eBay, elle permettait jadis de rejoindre le refuge de montagne de la Diavolezza à 3000 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les caquelons fument dans un décor rustique. Le fromage Gletscher, décliné en fondue ou raclette, s’accompagne de la viande séchée des Grisons. 

Peinture alpine

Dès la fin du XVIIIe siècle, les romantiques sont fascinés par la beauté sauvage de la région. Faute de tunnels ferroviaires, celle-ci se méritait avec ces cols à franchir. Au milieu du XIXe, les premiers anglais férus d’alpinisme débarquent. Au pied de l’hôtel Walther, 580 kilomètres de chemins pédestres sillonnent depuis la montagne. Un funiculaire nous mène au Muottas Muragl. Ici, les cimes des montagnes enneigées portent le nom de Piz.

– Attends, ça veut dire que la crème solaire Piz Buin que ma mère me tartinait sur les lèvres en hiver est une montagne? 

– Yes ! C’est un sommet des Alpes qui s’élève à 3 312 m d’altitude dans le massif de Silvretta. En romanche, il signifie « Pic du bœuf ».

Face à cette vue panoramique sur le plateau des lacs de la Haute-Engadine, on imagine Giovanni Segantini (1858-1899) croquant ces couleurs chatoyantes. Le peintre italien du symbolisme réaliste a sublimé les paysages de l’Engadine et de l’Oberhalbstein. Le sentier éponyme fait découvrir au randonneur chevronné – 79 km en 4 étapes ! – les points de vue qui l’ont inspiré. Ce circuit passe par Pontresina et Muottas Muragl. 

La forêt dans son assiette

Créneau réussi d’un seul coup dans le parking de notre deuxième étape, IN LAIN Cadonau. Le plus petit cinq étoiles de Suisse, avec ses 14 suites, peut se targuer d’être l’unique attraction de Brail, un hameau de 100 habitants. Ici, le pin d’arole est roi. Cette essence omniprésente de la contrée se décline du mobilier à l’assiette en passant par la boiserie qui habille les murs. A la bâtisse d’origine, une ancienne ferme de plus de 450 ans, s’est greffée une annexe ultra moderne. Sa forme arrondie épouse le flanc de la colline avec un jardin donnant sur le sauna et le jacuzzi chauffés au bois qu’on s’empresse de réserver. Une heure de détente avec pour voisins, les forêts de pins et de mélèzes. Le rêve pour mes vieux os !

Le chef étoilé Dario Cadonau et son épouse Tamara dirigent l’hôtel familial et les trois restaurants : le gastronomique Vivanda, le Käserei (pour les mets au fromage) et La Stüvetta. En guise d’apéritif, le champagne est adouci avec du sirop d’arole, l’entrecôte de bœuf Angus des Grisons est fumée dans sa ceinture de pin. En dessert, l’infusion de cette plante forestière se savoure glacée.

Entre deux plats, on apprend que les grands-parents Cadonau ont réalisé leur rêve en ouvrant un bistrot dans leur ferme. Nous sommes en 1965. Leurs trois filles grandissent au milieu des fourneaux. L’une d’elle, Brigitta, devient une pâtissière hors pair. Sa renommée dépasse la vallée et séduit les papilles d’un menuisier qui craque pour sa tarte aux noix, la spécialité de la région, et l’épouse. Leurs garçons reprennent le flambeau. Depuis, été comme hiver, on profite du menu surprise (une étoile Michelin) de Dario tandis que son frère Marco gère de ses doigts agiles la menuiserie paternelle. C’est ainsi que s’achève la première partie de ce périple puisque Brail, en plus de son salon de manucure, sert aussi de frontière entre la Haute et la Basse-Engadine.

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Et bien, valsez maintenant !

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J’ai décidé que l’année 2020 serait grandiose. Force est de constater que je l’ai bien commencée. Retour en arrière : nous sommes jeudi 23 janvier. La météo viennoise s’annonce clémente. Selon le proverbe ce serait dû à notre arrivée : « wenn Engel reisen, dann lacht der Himmel » (Quand les anges voyagent, le ciel rit)

Je suis invitée par le service de presse de l’office de tourisme – avec 6 autres journalistes internationaux (autant préciser ce détail) – au 79ebal Philharmonique de Vienne. Il se tient dans la célèbre salle dorée du Musikverein qu’on a tous vu au moins une fois à la télévision lors de son concert du Nouvel An avec mamie qui cherche son appareil auditif et qui ne le trouve pas et qui s’énerve alors que l’orchestre entame sa troisième valse. Lire la suite

Ballet aérien à Londres entre la poire, l’art et le fromage

 

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De Mary Quant à Tim Walker en passant par un «old fashioned» high tea time et un cookie au chocolat surmonté d’un stilton corsé. De bleu! Voici une virée 100% Brexit free.

Fan de la série «The Crown» et en possession de £140, billets trouvés dans une vieille chaussette après un rangement dicté par la prêtresse japonaise Marie Kondo, je m’envole pour Londres. Je chéris depuis des mois le secret de vivre le Brexit depuis l’intérieur. Sauf que voilà, tout d’abord programmé au 31 octobre 2019, ce saut britannique dans le grand vide a été repoussé aux calendes grecques (voire fin janvier 2020). Adieu vertige. Qu’importe, la liste de musées à visiter est longue comme le bras. Et cherry on the cake, j’ai l’honneur de tester en personne un nouveau concept pour le voyageur de notre compagnie nationale : the SWISS Personal Airport Service, idéal pour des allers retours lors des journée toujours plus courtes.

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L’un des plus ? Les files d’attente deviennent un mauvais souvenir. J’ai donc rendez-vous à 6h50 du matin (pour un vol prévu à 7h20!) dans un salon privé. Un earl grey et hop, je saute tout de go dans l’arrière d’une limousine pour un transfert direct au pied de l’avion. Tandis que l’on roule sur le tarmac, je pense à cet épisode de la saison 3 de Crown où la princesse Margaret est accueillie sur le tarmac par sa sœur ainée, la reine Elizabeth II en personne. Ce matin c’est same same : la reine en moins, l’accent suisse alémanique de l’hôtesse tirée à quatre épingles en plus.

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Nous sommes à Londres. Exit pour l’instant les crêpages de chignons, les froufrous et le décorum poussiéreux de Buckingham Palace ou de Westminster. En guise de première halte, on fonce swinguer au Victoria & Albert Museum.

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Dans l’aile Ouest du musée sont exposés, jusqu’au 16 février 2020, les vêtements de Mary Quant. La créatrice, figure iconique des années 60 à Londres, habillait la jeunesse d’après-guerre. C’est elle qui a créé un style nouveau facile à porter avec des matières comme le jersey, qui se froissent si peu que la femme peut enfin sauter la case repassage. Lignes tirées au cordeau, mini jupes qui dévoilent les genoux, Mary Quant ose tout. Mères de famille, artistes ou intello-arty, tout ce beau monde se bouscule au portillon. Ses modèles affichent les coupes garçonnes et une silhouette longiligne. On pense au mannequin Twiggy (mon surnom depuis mes 13 ans à cause des chips Twiglets). Le voilà le canon de beauté du Swinging London.

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Dans l’aile Est du Victoria & Albert Museum, une rétrospective célèbre le génie créatif – pour ne pas dire complètement barré – de Tim Walker. Jusqu’au 8 mars, on plonge dans l’univers de ce photographe de mode. Que ne donnerai-je pas pour visiter son cerveau! Il intègre le monde vitaminé d’une Alice au pays des merveilles qu’il saupoudre de monstres tout droit sortis d’un tableau de Jérôme Bosch. Ce magicien originaire de Grande-Bretagne s’imprègne (sous acide?) du bestiaire animalier des peintres du Moyen Âge.

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Il invite la chanteuse Beth Ditto ou l’actrice Tilda Swinton à prendre la pose dans son monde fantastique. Si j’étais dans le showbiz, je lui ferai réaliser des épisodes de «l’Incroyable famille Kardashian» en plein milieu des salons austères de Buckingham Palace: «Kylie, darling, let’s pimp the queen», lâcherait la matrone Kris Jenner rehaussée d’une perruque rose fluo.

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C’est justement au cœur de ce Londres légendaire, à proximité de Sa Majesté, que je m’arrête pour le high tea time. The Lanesborough hotel, sous la gestion de Oetker Collection, a été élu une deuxième année consécutive «meilleur hôtel de la ville» par le prestigieux magazine Travel + Leisure. La construction de la demeure remonte à 1719.

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Bâtie pour James Lane, le dernier vicomte de Lanesborough, elle sera transformée ensuite un hôpital. Inauguré en 2015, ce cinq étoiles possèderait une entrée privée pour la reine Elizabeth II! Ici, tous clients sont secondés par leur majordome. Dans cette ambiance «Downton Abbey», chaque mobilier, bronze, sculpture, tenture, lustre ou porcelaine, chiné probablement chez un antiquaire, se marie à la foisonnante collection de tableaux du XVIIeet XVIIIesiècle où se succèdent paysages bucoliques et portraits de Lords.

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Cette reconstitution à l’ancienne apporte une touche aristocratique au palace post-victorien lové entre Knightsbridge et les jardins du palais royal. Blottie dans l’un des salons, je savoure, un brin impressionnée, des scones flanqués de leur whipped cream après une déclinaison d’agapes salées.

Le concierge – qui aura la gentillesse de me changer mes £140 de vieilles notes refusées de partout – me conseille la Maison Apsley située en face de l’hôtel. La demeure construite en 1778 a appartenu au Duc de Wellington à la fin de sa carrière militaire.

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Transformée en musée, elle donne un aperçu de la vie quotidienne de la noblesse londonienne de l’époque. A noter, la salle entièrement dédiée au vaisselier du Duc. Il l’aurait reçu des cours d’Europe après sa victoire historique sur Napoléon à Waterloo en 1815 :

– Congratulations, you saved our honor ! (Tiens Mimi, refourgue-lui la batterie de casseroles de ta mère), aurait pu dire un monarque.

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On quitte alors l’atmosphère old fashioned des canapés de velours pour rejoindre le Corinthia Hôtel. Ici, on craque pour son spa multiprimé. Il est l’un des plus spacieux de la City. Ses salles de soin, la piscine intérieure, le sauna et le hammam s’étalent sur plusieurs étages, le tout dans une ambiance tamisée avec feu de cheminée et marbre noir.

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Comme je me suis remise sur Instagram, après six mois de détox, je reconnais le torse musclé et humide de Jeremy Jauncey, le fondateur du blog «Beautiful Destinations», ambassadeur de WWF (et accessoirement homme le plus canon de la planète). Un peu plus tard, je croise dans les couloirs de l’hôtel l’acteur Jeff Goldblum. «Il fait la promotion de son nouvel album de jazz», expliquera son coiffeur dans l’ascenseur avant de rejoindre une grappe de journalistes. Vous le croirez ou pas, Jeff m’a lâchée un sourire.

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Toujours au Corinthia, j’ai rendez-vous avec Tom Kerridge. Le chef multi-étoilé et ancien obèse (c’est lui qui le dit) base sa cuisine sur le concept «comment manger sainement», vaste programme. La recette est pourtant simple et ça marche. Il perd 50 kilos grâce à ses préparations culinaires qu’il publie dans une série de livres. Avec son épouse Beth, il possède déjà un pub doublement étoilé «The Hand & Flowers» à Marlow, à l’Ouest de Londres. Des écrans de télévision diffusent les matchs, tandis qu’on s’empiffre de tartes aux cailles ou de moules marinières à la bière et au pain bis.

Au Kerridge’s Bar & Grill, il met à l’honneur la cuisine britannique comme le fish & chips. Pari gagnant. Dans la salle du restaurant, la rôtisserie exhale une odeur à vouloir lécher l’air. Les portions se veulent gigantesques et l’ambiance conviviale. Quid de la tradition dominicale? Le roastbeef et le Yorkshire pudding en dessert.

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Ce même soir, deux places de rêve pour le Royal Opera Ballet, à Covent Garden, me propulsent dans «Manon», le ballet classique inspiré du roman de l’Abbé Prévost. Kenneth MacMillan, ancien danseur et chorégraphe d’une quarantaine de ballets, sublime le pas de deux entre les protagonistes Manon Lescaux et Des Grieux. Il leur insuffle une touche moderne et dramatique. On se pince. Standing ovationfinale parfaitement méritée.

Manon 05/10/14, Copyright 2014 ROH. Photographed by Alice Pennefather
Manon 05/10/14, Copyright 2014 ROH. Photographed by Alice Pennefather

Le lendemain, entre l’exposition de William Blake à la Tate, celle d’Olafur Eliasson à la Tate Modern et surtout avant de reprendre l’avion, découverte d’une nouvelle adresse: le Pick & Cheese. Ce bar à fromages se tient au cœur du marché Seven Dials. La recette est simple : un train-train d’assiettes défilent sur un tapis roulant – comptez entre £2.95 et £6.10 la portion, une gageure pour Londres.

En bonne Suissesse (ciel il y a 5 «s»), et ce malgré quelques suspicions, je me dois de goûter les fromages de la perfide Albion. On m’assure que Mathew Carver, le propriétaire des lieux les choisit auprès des meilleurs producteurs du terroir. L’originalité se cache dans la témérité. Qui oserait marier un stilton – leur bleu local – à un cookie au chocolat? Un gâteau Eccles (Eccles cake) fourré aux raisins de Corinthe avec un morceau de Kirkham’s Lancashire, ce fromage de vache au lait cru.Qui l’eût cru? Les goûts explosent en bouche, la surprise est sublime. Mais n’en faisons pas un fromage…

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Une Biennale gargantuesque pour une faim de Lyon

Oui c’est possible jusqu’au 5 janvier 2020 : la Biennale d’art contemporain, une halte gastronomique et un cocooning soyeux dans un hôtel historique de l’ancienne capitale des Gaules.

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– Et voici en guise d’amuse bouche de la cervelle des canuts.

– Vous dites ?

J’évite poliment l’étouffement. Le déjeuner a lieu à l’Epona, la nouvelle brasserie chic de Lyon, capitale de la gastronomie où tripes et abats vivent encore des jours heureux. Je suis exactement à l’endroit où Rabelais exerça comme médecin sur les rives du Rhône, au Grand Hôtel-Dieu. Jadis, cet hospice déjà prestigieux, couronnait l’entrée de la ville. Jacques-Germain Soufflot, l’architecte du Panthéon de Paris, est le père de cet édifice à vous couper le souffle. Cet emblème de la ville a fait aujourd’hui peau neuve. Il accueille dans son écrin granitique l’InterContinental Lyon Hôtel Dieu, inauguré il y a 6 mois seulement. Lire la suite

L’Islande et l’Elfe fana de Metallica

Virée dans les entrailles de l’âme viking, le royaume brumeux d’une destination propice aux polars. Entre deux fumerolles, les kilomètres s’avalent dans le Cercle d’Or, ce circuit populaire qui réunit les attractions phares du pays.

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Dans l’avion Icelandair au départ de Genève, l’hôtesse me tend une paire d’écouteurs moyennant six euros. Effroi. «Vous pourrez les garder», me rassure-t-elle. Six euros, soit le prix à payer pour découvrir leur sélection de films islandais. J’avais déjà vu «Woman at war» de Benedikt Erlingsson avec un humour pressé à froid. Là, leur programmation offre de la grisaille : meurtres et dépressions sous une pluie battante. Lire la suite