Cocktail VIP au picotin, le mausolée de Claude Nobs

Lundi soir, avant de rejoindre les fans de Lady Gaga, petit apéritif very private au Picotin, situé sur les hauteurs de Montreux, à Caux. 

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Le mythique chalet de Claude Nobs, où se sont succédés des stars du monde entier, se situe à pile vingt minutes de souffrance, sur de petites routes sinueuses, de Montreux. La vielle bâtisse d’alpage aux plafonds bas tient plus aujourd’hui du musée, voire du mausolée que d’un lieu habitable. Lire la suite

Le look démultiplié de Lady Gaga versus le rire figé du crooner Tony Bennett

Lundi soir, Mac a sorti de sa trousse de maquillage le double sésame de mes rêves : deux billets pour le concert sold out de Lady Gaga et de Tony Bennett au Montreux jazz festival.

Tony Bennett & Lady Gaga at the 49th Montreux Jazz Festival, (c) 2015 FFJM-Marc Ducrest
Tony Bennett & Lady Gaga at the 49th Montreux Jazz Festival, (c) 2015 FFJM-Marc Ducrest

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Ibeyi, l’ensorcellement des jumelles cubaines

Ouverture du Montreux Jazz Lab, vendredi soir, avec Ibeyi, les frangines franco-cubaines.

Ibeyi live at the 49th Montreux Jazz Festival, Lab, (c)Marc Ducrest
Ibeyi live at the 49th Montreux Jazz Festival, Lab, (c)Marc Ducrest

Un jour, je raconterai à mes enfants que tout s’est joué à un mois près. Allez, maximum deux. Je commencerai par « Il était une fois, au début de l’an 2015… » et les rassurerai fissa en précisant qu’au début de cette année, les dragons n’existaient pas.

En février, je me suis penchée sur les rushs d’un court métrage que j’avais tourné en marge d' »Horizons » à Cuba en 2013. Un monteur parisien s’est arraché un par un ses cheveux blancs et au bout de dix jours nous avons bouclé, ivres de fatigue, le montage. « Nuestro Mar » mon cinquième court métrage venait de naître. Il me fallait maintenant un musicien pour agrémenter une séquence. Un représentant de Havana Cultura, la branche culturelle de la célèbre marque de rhum cubain, me fait découvrir un clip signé « Ibeyi »

Le duo composé de jumelles métisses me séduit instantanément. On me fait suivre l’email de leur mère. J’en conclut, qu’elles vivent à Cuba. Là bas, faute d’internet ou de téléphones portables, les mères sont les secrétaires privées des artistes. Elles seules répondent au téléphone à la maison et elles seules planifient l’agenda de leur progéniture. Sauf que la mère des jumelles, je l’apprendrai plus tard, n’est pas cubaine et surtout, elle n’aime pas répondre aux emails. En fait, ses filles vivent en France et seulement trois jours après l’envoi de mon email à leur chère mère, voilà que je découvre simultanément une double page sur Ibeyi dans les Inrocks, un article dans Libé. A la radio, elles sont en live sur France Inter. Grand Dieu ! La presse s’est déjà emparée d’elles. Je ne suis pas la seule à avoir craqué pour le folklore ancestral qu’elles entremêlent d’influences issues de leur univers contemporain. Du coup, mon budget limité à 500sfr.- pour la composition de la musique du court métrage n’a plus la même valeur que s’il s’agissait d’artistes à Cuba. Autant dire que le marché de la starification en Europe me demanderait de rajouter au moins un zéro à ce chiffre devenu indécent.

Ibeyi live at the 49th Montreux Jazz Festival, Lab, (c)Marc Ducrest
Ibeyi live at the 49th Montreux Jazz Festival, Lab, (c)Marc Ducrest

Alors faute de les avoir dans mon film à petit budget, je les ai écoutées vendredi soir au Montreux Jazz Lab. Lisa et Naomi Diaz célèbrent, de blanc vêtues, leurs racines et la culture Yoruba. « Ces chants se sont transmis de génération en génération, nous souhaitons les partager avec vous », explique Lisa. Les sœurs d’Ibeyi – ce qui signifie « jumelles » en yoruba – partagent ces sons mais la deuxième chanson ne démarre pas comme souhaité. Silence. Dans ce moment de gêne, les filles s’arrêtent, se regardent et éclatent de rire : « Désolée ! C’est notre première fois, on a les nerfs ! » La salle les applaudit en guise de soutien. Elles reprennent et cette fois l’eau douce des Caraïbes les emporte. Nous emporte. Les esprits protègent leur concert. Deux bougies trônent sur scène. Les voilà chantant et samplant les sons organiques du cajon mêlés au piano. Derrière elles, le rideau noir semble s’entrouvrir délicatement, j’imagine leur défunt père, jadis percussionniste au sein du Buena Vista Social Club, guigner, un fier sourire aux lèvres.