BIRMANIE: 5 jours de dérive sur l’Irrawaddy

Sanctuary Ananda Exterior Mandalay-03

Il est sept heures du matin. Sur le ponton du Sanctuary Ananda, premières salutations au soleil. Le cours de yoga épouse le rythme des lueurs rosées d’un matin birman. Sur la rive orientale de l’Irrawaddy, des silhouettes de bonzes se forment dans l’horizon des rizières. Des enfants, les joues rondes recouvertes de Tanaka, écorce de Limonia Acidisima mélangée à de l’eau, rigolent assis à l’arrière des vélos de leurs parents. Le temps a suspendu son envol. Lire la suite

BIRMANIE : Croisière de luxe et balade en calèche

 

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Pour rejoindre Bagan, on décide de couper les moteurs de notre rythme effréné de ces derniers jours. Aux oubliettes sa moto-taxi, son téléphone et ses comptes Instagram ou Twitter. On se laisse glisser 5 jours sur la rivière Irrawaddy. Mandalay est depuis novembre 2014, le point de départ d’une croisière d’exception. Le Sanctuary Ananda, baptisé en hommage au Temple Ananda à Bagan, dispose de 21 suites spacieuses. Pour satisfaire la curiosité d’une clientèle à la fois exigeante et en quête de culture et de paysages envoûtants, on combine déambulations oisives sur le ponton et découvertes de la région avec des haltes quotidiennes dans les sites historiques.

Première étape, à 20 kilomètres au sud-ouest de Mandalay, dans le dédale de collines sauvages de Sagaing, un lieu de pèlerinage important pour les bouddhistes birmans avec ses 7000 moines qui occuperaient les 600 monastères. Une effervescence religieuse émane de cette forêt de stupas dorés construits à la gloire de Bouddha et coiffés d’ombrelles à clochettes qui répondent au vent. On retrouve le même silence qu’à Mandalay Hill sauf que celui-ci est transpercé d’un gong récurrent dont l’écho résonne dans le feuillage touffu. Les moines, pieds nus, s’affairent devant les statues dorées des Bouddhas riant où des fleurs et du riz font offices d’offrandes. Le lendemain on découvre les vestiges du projet architectural le plus fou jamais conçu par un roi birman. Dans l’ancienne cité royale de Mingun s’élève une pagode haute de 150 mètres, avec son couple de lions gardiens gigantesques et sa cloche de bronze supposée être l’une des plus lourdes du monde avec ses 90 tonnes.

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Entre deux haltes, des cours de yoga sont proposés sur le navire. On y apprend aussi les premières étapes de la méditation. Selon le « Vocabulaire Pali-Français des termes bouddhiques », Vipassanā peut être définie comme « la lumière intuitive apparaissant brusquement et révélant la Vérité sur l’impermanence, sur la misère et sur l’impersonnalité de tous les phénomènes corporels et mentaux de l’existence. » On se concentre dans un premier temps sur sa respiration. Apprendre à s’écouter, à se respecter fait aussi partie du voyage et permet de mieux comprendre l’autre. Après Amarapura et Pakkoku, le rideau se lève sur Bagan et ses vestiges construits entre le IXe et le XIIIe siècle. On opte pour un tour en calèche. Tiré par un cheval, on roule cahin-caha au travers de champs vers la découverte de ce patrimoine historique. Le périple se conclut, pieds nus, dans la spectaculaire pagode Ananda. En somme, que l’on traverse ce pays à vélo, en avion ou sur un bateau, nous ne faisons rien d’autre que de marcher sur les traces du Bouddha, ce prince qui a su atteindre le plus haut degré de sagesse.

BIRMANIE: Le tour du lac Inlé en bateau et à vélo.

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Voyager, c’est prendre son temps, profiter du moment. Ainsi ceux qui aiment avoir les pieds sur la terre ferme opteront pour la location d’une bicyclette. La virée, en plus de faire rougir les cuisses, permet de rencontrer les habitants des abords du lac. Des enfants, les joues recouvertes de Tanaka, écorce de Limonia Acidisima mélangée à de l’eau, rigolent depuis leur salle de classe et gesticulent de la main pour vous saluer. Les passants vous accueillent d’un « Mingalaba! », « bonjour! » en birman. A quelques kilomètres de Nyaungshwe, bourgade en amont du lac, sur la rivière Nam Pilu, on termine sa course par une halte méritée dans l’un des bassins thermaux.

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On décide, le lendemain, de naviguer parmi les pêcheurs tenant la gaffe d’une seule jambe et les paysans cultivant les potagers à la surface de l’eau. Cap sur les villages et temples flottants comme la pagode de Phaung Daw U ou le monastère des chats sautant, le Nga Phe Kyaung. Et puis, on salue tantôt le labeur patient de tisseuses de soie de lotus tantôt, dans une autre fabrique locale, les petites mains rouleuses de cheroots : ce cigare local, agrémenté de bananes séchées ou de fruits.

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Il faut dire que dans le sud de l’Etat Shan, le lac se situe au cœur d’une riche région agricole. Pas loin, d’ailleurs, le domaine de Red Mountain produit des vins de qualité que l’on peut déguster lors d’une dernière halte.

BIRMANIE « Là Haut » visite en montgolfière du lac Inlé

crédits: Helmar Bischoff
crédits: Helmar Bischoff

Il est 5h du matin. Bill Mackinnon, est déjà dans sa jeep et souffle sur ses mains. La température affiche 10 degrés dans la petite bourgade de Niangshwe qui permet d’accéder au touristique Lac Inlé.

Dans une heure, le pilote britannique d’Oriental Ballooning Inle nous fera rejoindre le septième ciel. Il est certes classique de découvrir les temples aux stupas dorés de l’historique Bagan en montgolfière – ne sont-elles pas une vingtaine à survoler tous les matins le site archéologique bouddhique? – mais ici, dans la région du lac Inlé, un seul ballon offre cette perspective verticale et ce depuis novembre 2014.

Ainsi, un croissant chaud à la main et une coupe de champagne fraiche dans l’autre, on rejoint l’aube encore embrumée. Au bout de quelques minutes, le soleil déverse ses premiers rayons sur l’un des paysages les plus époustouflants du Myanmar (ex-Birmanie). La vie, vue de haut, se réveille. Des familles quittent leurs cabanes sur pilotis. Les enfants partent à l’école, les parents au travail. Tous sillonnent le lac à bord d’embarcations en bois et à moteur appelées « long-tail boats ».

Dans quelques heures, ces mêmes bateaux transporteront des touristes. Durant les deux heures du tour, on a titillé le septième ciel en maître du monde. Il est temps de retoucher le sol en douceur.

Le prix par personne oscille selon la saison entre 380$ et 420$.