Lausanne: Une larme de Nespresso sur votre cabillaud?

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Une fois n’est pas coutume, mon escapade se trouve à 33 minutes de mon domicile. A Lausanne, Ai Weiwei a répondu à l’invitation de Bernard Fibicher, directeur du Musée cantonal des Beaux-Arts (mcb-a) et investi de son art les musées d’archéologie et d’histoire, de zoologie, de géologie et de la monnaie, ainsi que la bibliothèque cantonale et universitaire du Palais de Rumine. Une sorte de chasse au trésor sur quatre étages pour retrouver la quarantaine d’oeuvres du dissident chinois faisant écho aux thématiques de ces musées.

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Adultes et enfants circulent le plan en main, la tête en l’air, à la recherche du travail de l’artiste souvent sacrément bien caché. Une maman tente de gérer sa progéniture qui se faufile sous des vitrines prenant ainsi de l’avance. Comme je suis joueuse et surtout une exécrable perdante, je fais un croche-patte à un garçon d’une dizaine d’années qui s’apprêtait à me court-circuiter au moment de trouver les dernières photos de l’artiste près de la bibliothèque. Ouf, j’ai gagné et re-ouf, il ne s’est pas cassé une jambe. Je sors mon téléphone et note dans mon agenda: « demander à mon psy pourquoi je veux toujours gagner ».

Ai_Weiwei_Portrait_Photo Alfred WeidingerSur cette série de photos, Ai Wei Wei profite de son séjour dans le cadre de la Biennale de Venise pour entrer dans un bureau de change. Il veut y troquer 100 USD dans une monnaie étrangère, puis dans une autre et encore une autre. La ponction répétitive d’une commission à chaque change fait, qu’à la fin de l’exercice, il ne possède plus qu’un dollar. Voilà, brillamment résumé, tout son art et son engagement mise en scène face à l’absurdité d’un certain système.

Anonyme_Alicia Miles et John Robinson dans Elephant de Gus Van Sant, 2003 © HBO

Changement de crémerie, le Musée de l’Elysée inaugure sa nouvelle exposition et met Gus Van Sant à l’honneur. Le cinéaste américain est peu connu en ce qui concerne travail photographique. Et pourtant dès les années 1980, il fige sur l’image ses proches, des acteurs et actrices qu’il croise sur son chemin.

Gus Van Sant_de la série Hanson, n.d. © Gus Van Sant

L’occasion de faire ressortir de son tiroir les clichés des personnalités en vogue à ce moment là comme Matt Dillon, Keanu Reaves, les frères Phoenix ou encore le groupe Red Hot Chili Peppers. Cinq rendez-vous attendent le visiteur: Cinepark, Photography, Constellations, Music et Painting. La partie appelée Photography de l’exposition permet de découvrir parfois pour la première fois, toute une sélection de Polaroïds lui ayant servi d’outil de travail durant les castings (parfois sauvages) de ses films. Côté strictement cinéma, une rétrospective intégrale de l’auteur de «Elephant», Palme d’or à Cannes en 2003, est projetée en novembre et décembre à la Cinémathèque suisse (longs et courts métrages), puis dans d’autres villes de Suisse.

Gus Van Sant_Boy and Girl_ de la série Cut-Up_2010 © Gus Van Sant

A dix minutes à pied de cette exposition, se dresse le Lausanne Palace & Spa. De concert avec Nespresso, la direction m’invite au dîner étoilé d’Edgard Bovier que je rencontre en fin d’après-midi dans la Krug Room, un espace cosy, avec de belles bibliothèques où se lovent entre les livres anciens des crus de la maison de champagne.

Façade et Vue - Février 2015

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Après une poignée de main franche, le Valaisan, qui manie le « tu » avec dextérité, donne le ton d’une rencontre généreuse. Depuis 2004, le Chef Exécutif du Lausanne Palace & Spa possède son restaurant gastronomique, la Table d’Edgard. « Promu de l’année » Gault Millau 2008 en Suisse Romande, le cuisinier affiche18/20 points Gault Millau. Il faut dire qu’il tombe jeune dans la marmite et enchaine vite avec des adresses prestigieuses comme le Badrutt’s Palace, le Vendôme à Bahreïn ou encore le Miramar Beach à Rhodes. De quoi cumuler des miles et élargir son horizon culinaire qui s’inspire désormais du soleil méditerranéen suite à un passage par les terres grecques.

Et voilà, maintenant, que ce fils et petit-fils de cuisinier fait partie des 25 chefs étoilés à présenter un menu Grand Cru Nespresso. Un rendez-vous qui se tient du 29 octobre au 19 novembre dans toute la Suisse. L’occasion de comprendre comment on invente un plat.

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Que vous a-t-on demandé de faire pour ces Nespresso Gourmet Weeks  ?

Il s’agit d’intégrer du café non pas à la fin du repas mais tout au long du dîner en tant qu’ingrédient. J’ai personnellement voulu travailler avec trois grands crus pour marier leurs arômes à mes recettes.

Comment associez-vous votre univers aux saveurs ensoleillées du Sud avec le café Nespresso?  

J’ai assez vite imaginé marier du coeur de cabillaud à l’huile d’olive extra vierge grand cru « Edgard sélection » cuit doucement sur le coin du feu avec des noisettes du Piémont, préalablement revenues. Pour accompagner cette note grillée, j’ai rajouté dans la sauce le Grand Cru Espresso Origin Brazil. Une association parfaite avec ce café torréfié. Et pour maintenir cette note aromatique aux céréales, j’ai mis une fine tranche de Jambon Ibérico de Bellota.

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Une rencontre en terre et mer en somme. Vous êtes un chef d’orchestre qui connait ses partitions par coeur? 

J’ai effectivement les goûts en tête et peux imaginer les combinaisons possibles avant même de les cuisiner. C’était facile pour le pigeon de Vendée aux quatre épices d’y rajouter une pincée de l’Exclusive Sélection Kilimandjaro Peaberry pour la simple et bonne raison que ce café dégage une saveur aux agrumes qui se marient avec les épices marocaines que j’utilise et les raisins secs et pignons.

Combien de tentative avant de valider une de ces recette? 

Elles ont fonctionné du premier coup. Après tout réside dans le dosage parfait pour ne pas évincer le goût des autres aliments.

Qu’est-ce qui vous a plu dans cette collaboration? 

Tout comme avec ma propre gamme de grands crus d’huile d’olive et les produits que je sers à table, il y a chez Nespresso une volonté de traçabilité. Ils suivent l’évolution des récoltes et prônent aussi la transparence quant au message de qualité et à l’origine du produit.

Votre cuisine est couronnée d’une étoile Michelin depuis 1994. Que pensez-vous des chefs, de plus en plus nombreux, qui renoncent à leurs étoiles?

Je respecte leur décision. L’attente de la publication du guide peut devenir une torture avec cette crainte constante de perdre son étoile. C’est angoissant à la longue et surtout parfois fatigant d’être constamment jugé. Personnellement, je pense qu’il s’agit d’une excellence à préserver même s’il faut rappeler qu’on ne cuisine pas pour les guides mais pour ses clients.

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Que pensez-vous de la starification des chefs? 

Paul Bocuse était l’un des précurseurs de ce phénomène, maintenant on en voit de plus en plus à la télévision. Ils restent garants d’une bonne cuisine et c’est important d’éduquer les futures générations donc je ne m’y oppose pas tant que l’on véhicule une parole saine. Je suis Valaisan et ne cherche pas trop ces projecteurs mais je répète toujours, quand on m’offre un droit de parole, qu’il vaut mieux acheter des produits de proximité plutôt que des produits bio importés de Chine.

En 1980, vous dirigez pendant neuf ans la cuisine de l’Olden à Gstaad. Une station  de ski où l’on croisait de nombreuses stars hollywoodiennes et têtes couronnées. Quel souvenir en gardez-vous ?

C’était la belle époque. Les paparazzis attendaient à l’entrée du restaurant. Elisabeth Taylor, Richard Burton, Audrey Hepburn,  Roger Moore, David Bowie, tout ce monde défilait durant l’hiver. David Niven était gravement malade et me commandait des croquettes qu’il mangeait dans son chalet peu avant de mourir. Robert Wagner, fraichement veuf de Natalie Wood, est resté des mois durant enfermé chez lui. Je lui faisais livrer des plats mijotés.

Qui cuisine à la maison? 

Moi ! Mais je fais des plats simples: des pâtes, des grillades en été. En hiver, j’adore combiner une fondue au vacherin, dans laquelle je ne rajoute ni ail ni kirsch, avec une coupe de champagne Krug. Cela peut paraitre snob mais c’est un assemblage parfait.

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Informations pratiques: 

Du 29 octobre au 19 novembre se déroulent les Nespresso Gourmet Weeks dans toute la Suisse. À l’occasion de cette 5ème édition, 25 chefs primés et de nouveaux talents émergents de la scène gastronomique suisse, totalisant 25 étoiles Michelin et 395 points GaultMillau, proposeront un menu Grand Cru Nespresso dans leurs restaurants. Compter CHF 70 pour le repas de midi et CHF 120 pour le repas du soir par personne (Grands Crus Nespres-so compris, hors boissons). Les gastronomes peuvent réserver directement dans le restaurant de leur choix en indiquant le code « Nespresso Gourmet Weeks ». Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.nespresso.com/gourmet-weeks.

L’exposition « Gus Van Sant »

conçue par La Cinémathèque française en coproduction avec le Museo Nazionale del Cinema (Turin), le Musée de l’Elysée (Lausanne) et la Cinémathèque suisse (Lausanne) propose une rétrospective inédite en Suisse autour des lms et des œuvres plastiques du cinéaste américain. Véritable déambulation pluridisciplinaire, elle s’articule en cinq sections qui explorent une composante de la force créatrice de Gus Van Sant et dresse les contours d’un univers foisonnant et impertinent. www.elysee.ch

L’exposition d’Ai Wei Wei: « D’ailleurs c’est toujours les autres qui meurent »

Épitaphe de Marcel Duchamp, qu’Ai Weiwei a choisi de citer en titre de cette exposition. Du 22 septembre 2017 au 28 janvier 2018, il propose plus de 40 œuvres, produites entre 1995 et aujourd’hui, en porcelaine, bois, aluminium, marbre, jade, cristal, bambou et soie ainsi que des papiers peints, des photographies et des vidéos témoignant de la richesse de son œuvre. http://www.mcba.ch

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Où dormir:

Tant qu’à faire, autant se faire plaisir et passer de la Table d’Edgard à sa propre chambre  à coucher avec ses pantoufles aux pieds. Au Lausanne Palace & Spa, inauguré le 19 juin 1915, se dégage de ce passé marqué par l’histoire, une élégance mélancolique, une atmosphère digne de Proust qui  donne envie de se pavaner en robe longue avant de s’évanouir étranglée dans un corset trop serré. A découvrir, le Habana Bar, l’adresse idéale pour les férus de cigares mais aussi de cocktails réinventés au gré de l’humeur du chef barman.

 

Marrakech : le safran et le nouveau musée Yves Saint Laurent

3) Yves Saint Laurent. Place Djemaa El Fna. © Reginald Gray

Au coeur de la ville des Rois, sur la place Jemaa el Fna, les clameurs des charmeurs de cobra, des porteurs d’eau, des tatoueuses de henné et vendeurs d’escargots se mêlent au cliquetis des calèches. Voici le Marrakech de Saint Laurent – immortalisé ici par le portraitiste Reginald Gray – qu’il découvre en 1966. Ville où il aimera se reposer par la suite après chaque défilé. Lire la suite

Vacances à Venise, Katharine Hepburn et ce fichu tapis rouge

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« Vous auriez dû me voir aux Jeux Olympiques», lâche l’Américaine trempée tout en se faisant hisser par des badauds. La voilà sortie des eaux vertes et polluées d’un canal. Grand moment de solitude car personne autour d’elle ne parle anglais. « Oh, laissez tomber » conclura-t-elle avant de fuir pétrifiée de honte. Lors du tournage de « Vacances à Venise », Katharine Hepburn s’était fachée avec le réalisateur David Lean qui, pour le besoin de cette scène, l’avait contrainte à tomber maladroitement dans l’eau stagnante de la Cité des Doges. « Par la suite, l’actrice n’aura de cesse de répéter que son infection aux yeux, qui la fera souffrir tout le reste de sa vie, était dûe à cette immersion dans le styx.» Lire la suite

Bodrum : le roi Mausole et sa boîte de nuit Halicarnasse

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La première fois que j’ai mis les pieds à Bodrum, j’ai couru, mon passeport en main, durant 15 minutes sans jamais regarder derrière moi. J’avais 17 ans et rentrais d’une escapade sur les îles grecques. Une amie m’accompagnait. Rebelles, nous voulions vivre nos premières aventures au lieu de se prélasser au bord de la piscine. La négociation auprès de nos parents fut âpre : 3 jours maximum. L’impression de vivre l’Iliade en mode accéléré avec des sauts de puce d’une île à une autre:

– Z’y va Homère, pimpe tes vers, on n’a pas 15 ans pour pécho Pénélope mais 3 jours pour le tour des îles.

Grâce à un an de grec ancien je déchiffrais les panneaux (sans rien y comprendre) et partais dans des diatribes anachroniques :

Salut philosophe ! Où pouvons-nous donner de la paille à notre cheval ?

-Sorry ?

– Ah! Tu parles anglais. Yep, alors en fait, je cherche à faire le plein d’essence du scooter. Lire la suite

La route du bonheur: De l’Oberland bernois au Valais central

J’ai toujours dit que je visiterai la Suisse à partir de mes 40 ans. Ben, « in your face » comme on dit. Nous y voilà.

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Pour couper net à ces chaleurs estivales, direction la guirlande des sommets du Valais et du canton de Berne pour 4 jours de vadrouilles. Au menu: randonnée, natation et sport que je ne me gênerai pas de qualifier d’« extrême ». Une amie m’accompagne à la découverte de ce que le groupe Relais & Châteaux appelle : la Route du Bonheur. Lire la suite