La « gamba roja » de Barcelone

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copyright: Turisme de Barcelona

A chaque fois que j’atterris à Barcelone, j’ai cette folle envie de mettre des pantoufles à mes pieds. L’agréable sensation de me retrouver à la maison. Avant l’existence des vols low cost, je me rendais dans la capitale catalane à bord d’un train de nuit grinçant et débarquais à l’aube -me félicitant de ne pas avoir été violée – le cheveu hirsute et le regard hagard sur le quai de la gare. Lire la suite

The Peninsula Bangkok: The King and I (mais aussi Isabelle Adjani)

PBK Poolblue 2Le roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej fête ses 88 ans à l’heure où je pose les pieds à Bangkok. Le monarque de santé fragile, passe le plus clair de son temps confiné dans un hôpital délaissant son palais, résidence de la dynastie Chakri au cœur du vieux Bangkok.  Lire la suite

Zanzibar Collection : Emmanuel Carrère et la généreuse dame africaine

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Il y a des livres que l’on commence puis interrompt emporté par son quotidien ou parce qu’on se rend compte qu’entre deux arrêts de bus, on ne rend pas hommage à l’écrivain ni au message qu’il souhaite véhiculer. C’est le cas avec « D’autres vies que la mienne ». Connaissant et appréciant le travail d’Emmanuel Carrère, j’ai décidé, il y a quelques mois, de presser « pause » et d’attendre qu’une bonne occasion se présente pour reprendre cette lecture.

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Je séjourne ces deux prochains jours au Baraza. C’est un complexe hôtelier de luxe sur la plage la plus prisée du Zanzibar. Pajé se situe au sud-est de l’île et possède tous les ingrédients pour figurer sur une carte postale idyllique: le sable fin blanc, l’eau turquoise et cristalline et un jardin d’Eden taillé par un paysagiste inspiré. On m’a réservé une villa avec une multitude de recoins pour se lover et bouquiner. La décoration s’inspire des traditions du Moyen-Orient et plus particulièrement d’Oman dont plusieurs sultans ont dirigé l’île. Ma piscine privée, elle, donne vue sur l’océan indien.

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Le premier après-midi, j’ai visité les trois résidences que possède le groupe Zanzibar Collection. En plus du Baraza, les propriétaires possèdent côte à côte le Palms qui, avec ses six bungalows, se définit avec justesse comme un havre de paix réservé aux couples en lune de miel et adultes. Adjacent, le Breeze, plus populaire, possède plus de 70 chambres.

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Le jour suivant, je mets mon réveil à 6h30. il parait que le soleil se lève sur l’océan. Je suis seule à avoir eu l’idée d’assister en peignoir à son lever. Le gardien me toise du regard photographiant l’horizon. Un lézard zigzague entre mes jambes. Aujourd’hui, je vais l’imiter et lézarder d’une piscine à l’autre. Mais pour l’heure, je regarde la plage et cette femme locale qui la longe. Elle porte une de ces robes amples et colorées propres aux Africaines. Elle tient deux lourds sacs dans chaque main et me sourit de loin. Ses formes sont généreuses. Un autre tissu lui sert de coiffe. Elle disparait au loin. Je m’en vais farfouiller dans ma valise pour en extraire mon livre. Je ne sais pas pourquoi mais je sens qu’il est temps de reprendre « D’autres vies que la mienne » .

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Je rejoins la piscine principale car les gens dorment encore. L’après-midi, j’opterai pour la piscine du spa. Dans ce genre de lieu, je suis assez douée pour trouver les coins que personne ne fréquente. Et entre deux brasses dans la mer et dans le chlore, je tournerai les pages de ce livre.

J’avais déjà lu la première partie qui évoque le décès d’une fillette durant le tsunami de 2004 en Asie du sud et le deuil dans lequel s’est trouvé soudain un jeune couple français. La deuxième partie aborde le cancer de la belle-soeur de l’auteur, mère de trois fillettes, elle a rendu l’âme à 33 ans. Emmanuel Carrère commence par son enterrement puis use du flash-back en interviewant son collègue de travail et son mari. J’aime cet écrivain car il se met naturellement en scène, se positionnant comme un écho à ses personnages.

Lorsque j’ai commencé le journalisme, je voulais m’occuper des pages cinéma d’un quotidien, on m’a dirigé vers la rubrique « People ». Ecrire 9h par jour sur du gossip, bon sang, autant conclure un pacte avec le diable. J’ai eu la chance de rencontrer des personnalités du cinéma, de la musique et de la culture en général. Je m’intéressais à leur carrière mais on me demandait de sonder leur vie privée. Pudique par essence et naissance, je ne savais comment farfouiller dans leurs entrailles. J’ai développé une technique : J’utilise ces interviews comme une séance chez un psy. Du coup, je m’ouvre comme un livre et leur évoque mes craintes à tel ou tel sujet, l’interview prend dès lors la forme d’une conversation. A chaque révélation de leur part, je lève aussi un voile sur un de mes doutes personnels. A la fin, j’obtiens ce que je voulais dans le respect et sans avoir l’impression de les avoir trahi. Carrère (je ne me compare pas à lui) use du « je » à sa manière. Il se met en perspective face aux protagonistes de ses livres.

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Ce n’est pas pour rien qu’il aborde la mort de Juliette, sa belle-soeur déjà handicapée depuis son adolescence. Au fil des pages, je m’imagine les trois fillettes de la défunte. Ce livre, n’est-ce pas la plus belle chose que l’on puisse laisser à ces petites survivantes? Mais qu’en penseront-elles, une fois adolescentes, quand elles liront les dernières heures de la vie de leur mère ? L’auteur décrit cette maladie qui rend les proches impuissants, la lente descente aux enfers, le traitement, la chimio, la perte des cheveux, la fatigue, la peur. Juliette, sur son lit de mort, n’arrive toujours pas à rédiger une lettre posthume à ses filles. En effet, quels mots choisir pour un dernier adieu ?

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Entretemps, l’auteur parle de la naissance de sa propre fille, la joie qu’il a de l’accompagner en ville, de la voir grandir. Il décrit les richesses de sa paternité. Son livre terminé, il le fait lire aux intéressés à savoir sa femme – la soeur de la défunte – au mari de celle-ci et à son ancien collègue de travail. Il dédie enfin son texte aux trois filles survivantes. La cadette, nous dit-il à la dernière page, a regardé une centaine de fois la scène quand Bambi comprend que sa mère n’est plus.

Au fil des pages,ressurgit une douleur dans le thorax que j’avais oubliée. Et me revient en tête ce fameux jour froid de février 2002. Je m’apprêtais à payer mon trajet en bus, j’avais 2.20 sfr.- en main quand le téléphone a sonné. L’un des fils de l’ami de ma mère m’appelait. Nous avions convenu de nous parler ce jour-là pour que je puisse visiter celui que j’aimais appeler mon « beau-père ». Le bus est arrivé, je n’ai pas le temps de payer mon ticket, je suis entrée par la porte arrière et avançais vers le conducteur pour lui demander de payer à l’arrêt suivant. Quelle est la longueur d’un bus? un, deux, dix kilomètres? Le temps d’arriver à la hauteur du chauffeur, nous étions déjà au stop suivant. Les portes s’étaient ouvertes, des contrôleurs entraient et je venais d’apprendre que mon « beau-père » était décédé.

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J’ai le souvenir flou d’être descendue du bus en poussant d’un geste brusque les contrôleurs. Je tenais toujours les 2.20sfr.- en main. Je me remémore ce tremblement total qui s’opérait en moi, ce cri sourd qui parcourait mes veines, cette respiration absente de mon thorax et ces larmes qui surgissaient brusquement. Je titubais. Je me suis recroquevillée de douleur sur un banc public. Je voulais me lever. Mon seul but était de rejoindre à pied le bureau de ma mère pour pouvoir lui annoncer ce trépas.

Il faut dire qu’on s’y attendait. Comme pour Juliette, la belle-soeur d’Emmanuel Carrère, les dés étaient jetés. Lui, pesait moins de 40 kilos la dernière fois qu’on l’avait vu. Son fils le poussait sur une chaise roulante. Il était venu chez ma mère pour nous dire adieu. Je revois encore cette porte d’ascenseur qui s’est refermée sur lui à tout jamais. Cette maladie lui a empoisonné la vie pendant de longues années. Rémission. Rechute. Rémission. Rechute. Fin.

Je me suis enfin levée du banc mais mes jambes vacillaient. A ce moment, j’ai croisé une femme d’origine africaine. Elle portait deux lourds sacs de commission. Elle était vêtue d’une de ces robes amples et colorées. Un autre tissu lui servait de coiffe. Je me souviens de ses formes généreuses. Nos regards se sont croisés, elle a spontanément lâcher ses deux sacs pour m’attraper et me serrer fort dans ses bras. Au milieu de la foule. Combien de temps dure une embrassade? Une minute, une heure ? J’ai pleuré à chaudes larmes contre la poitrine de cette étrangère. Et puis, elle m’a pris le visage entre ses mains et m’a répété quelque chose comme « ça va aller, ça va aller ».

Dans le livre, le veuf parle beaucoup avec ses filles de la mort de leur mère. La parole prime. On évacue les peurs, les pensées lourdes par le dialogue. Si on repense à « Mars » de Fritz Zorn, cet auteur suisse mort d’un cancer, le silence et les non dits peuvent parfois être la cause d’une maladie de l’âme, d’une maladie de la société. Depuis 2002, jamais une seule fois je ne me suis octroyée le droit de penser ou de parler de mon « beau-père ». J’ai chassé tout simplement ce pan de mon histoire. Il a fallu que je foule le sol de cette terre africaine pour reprendre la lecture interrompue il y a quelques mois de ce livre et laisser libre court à cette rivière de larmes. Comme si une boucle devait se boucler. Comme si je devais évacuer ce cancer qui sommeillait au fond de moi. Je ferme les yeux et je revois cette dame africaine vêtue d’une de ces robes amples et colorées.

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Tanzanie : le Four Seasons Safari Lodge du parc national de Serengeti

Oui, c’est bateau de parler de luxe, de calme ou encore de volupté quand il s’agit de décrire un établissement hôtelier mais le Four Seasons Safari Lodge du parc national de Serengeti se prête à merveille à ce sens commun. 

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Niché au coeur du parc national, le lodge offre à chacune de ses 77 chambres une vue panoramique sur la savane. Douze d’entre elles possèdent un salon et une piscine privée sur la terrasse. C’est le cas de la mienne. Lire la suite

Tanzanie : Le sauvage parc national de Serengeti et le cosy Sanctuary Kusini

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Dimanche matin, Ô joie, KLM m’offre un upgrade Genève-Amsterdam avec l’accès au lounge pour un café matinal, les pages culturelles du « Monde » couplé d’un birchermuesli qui fera connaissance quelques minutes plus tard avec une tranche de saumon au fromage frais servie à la place 1A.

Durant le vol Amsterdam-Kilimandjaro, je découvre avec effroi que les garçons de 4 ans ne se taisent jamais. De quoi penser à la conversation que j’ai eue la veille avec une connaissance : pourquoi diantre faut-il absolument faire un enfant ? Qu’importe, je mets le casque et m’apprête à passer les dix prochaines heures à pleurer comme une madeleine. Autant l’avouer, la haute altitude m’empêche de bien choisir les films. Je renifle déjà devant la bande-annonce de « Loin de la foule déchainée », un drame romantique avec Matthias Schoenaerts. L’hôtesse, dotée d’une forte dose de condescendance, me glisse discrètement quelques kleenex.

Arrivée à 21h à l’aéroport du Kilimandjaro, Isaac, mon chauffeur, me conduit à Arusha, la ville qui sert de camp de base aux adeptes de trekkings dont je ne fais résolument pas partie. La voiture bifurque brusquement évitant de justesse un camion qui nous fonçait allègrement dessus. « Welcome to Africa » chantonne Isaac.

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Le lendemain à 5h30, il fait encore nuit. Je m’habille en guignant par la fenêtre du Mount Meru Hotel. Je n’ai pas vu les cimes du Kilimandjaro la veille, là, je ne peux qu’imaginer le Meru comme une masse noire sur fond noir. Isaac m’attend dans sa jeep. On rejoint l’aérodrome. A côté de l’avion à hélices, une poupée Ken à peine déballée de sa boite. Ce sud-Africain canon va nous servir de pilote. « Tu peux t’asseoir à côté de moi. » Vous êtes très beau, jeune homme, mais sans façon, merci. On survole la ville d’Arusha qui se réveille gentiment. La terre labourée et les champs cultivés sont ponctués de villages. Les huttes entourent un enclos pour le bétail. Enfin, la nature, la brousse, les lacs et la savane.

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Le pilote me pointe du doigt des flamands roses qui se préparent à migrer. Je ne vois qu’une tâche rose au sol mais je ne cherche pas à le contredire. Il est si beau. Je découvre aussi le cratère de Ngorongoro que je vais visiter dans une semaine avant un atterrissage tout en douceur sur la piste en terre battue du parc national de Serengeti. Heureusement, Ken maitrise autant la terre battue que Roger Federer. Tandis que je frôle l’entorse en sautant de l’avion avec la souplesse d’un manche à balai, deux girafes mâchent les feuilles d’un acacia. Leur manque de curiosité vexe mon ego.

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Il est à peine 8 heures du matin qu’on m’accueille déjà avec du champagne frais. J’opte pour un jus de mangue. Patrick, mon driver est à la fois Masaï et chrétien. J’imagine, sans oser le lui demander, que les Anglais, anciens colons de la Tanzanie, y sont pour quelque chose. Il m’emmène fissa en jeep faire un premier tour du parc. On sort des sentiers. L’irrégularité du sol a pour effet de réveiller ma vessie. Il appelle ça faire de l’ « off road ». C’est donc en « off road » que je fais mon premier pipi sauvage.

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J’ai déjà participé à un safari quand j’étais au Kenya il y a 10 ans. J’avais détesté l’expérience de devoir pénétrer un enclos dans lequel vivaient « librement » des animaux « sauvages ». Je m’étais d’ailleurs imaginé la vie de ces bêtes de foire en version manga psychédélique : tous les matins, à 6h30, elles pointent à l’entrée du parc, grognent jusqu’à midi devant des touristes japonais ravis et rejoignent la cafétéria pour un déjeuner vegan & gluten free avant d’entamer la sieste du fonctionnaire le reste de l’après-midi. Sauf qu’ici, en Tanzanie, le parc de Serengeti ne possède aucune clôture et dans sa partie sud, on ne croise pas d’autres voitures. Seule au monde! Je-suis-seule-au-monde. Devant une carcasse de buffle, je m’empresse de demander à Patrick ce que je dois faire s’il s’évanouit ou meurt au volant.

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Faute d’appareil photo qui coûte une blinde, j’immortalise mes deux animaux préférés en photographiant l’intérieur d’une paire de jumelles. Je baptise ce nouveau genre artistique le « Système D africain ». Il n’y a rien à dire, je pourrai apprécier des heures durant la zénitude de la girafe qui machouillerait un pneu qu’elle ne s’en rendrait pas compte. L’autruche, elle, possède ce je-ne-sais-quoi qui me ressemble. Elle doute constamment. Sa partie supérieure veut tourner à droite alors que ses jambes l’emportent à gauche, nait de cette maladresse attendrissante une parade que je commence aussi à maîtriser dans ma vie quotidienne.

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Le soir au camp de Sanctuary Kusini quelques privilégiés profitent du coucher du soleil. Les dix tentes possèdent toutes une salle de bains, un lit double, bref, le confort rêvé d’un cinq étoiles. On m’attribue la tente VIP avec une vue remarquable la journée car la plus éloignée des autres. A la tombée de la nuit, par contre, j’imagine terrorisée sous mes draps qu’un dragon s’approche de mon balcon. Sacré bon sang, il va mettre le feu à ma tente ! Le lendemain, j’explique avoir entendu son souffle. « C’était un buffle », me rassure le manager. Patrick, lui, me dira que c’était peut être un lion. Ils viennent souvent s’abreuver la nuit au camp…

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Pour le petit-déjeuner, on roulera deux heures après un lever douloureux à 5h du matin. Le soleil se lève doucement, les animaux baillent encore. Les girafes nous dévisagent au loin toujours sans la moindre marque de curiosité à notre égard.

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La cantine se situe en plein centre ville dans une artère bruyante. En découvrant la mise en place, je regrette de ne pas porter du Louis Vuitton made in China. Je n’ose pas demander un expresso, Patrick serait capable de trouver une solution pour m’en faire un.

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On reprend la route sans but précis. On croise une femelle guépard et ses deux rejetons. Ils scrutent l’horizon et semblent constamment inquiets, sur le qui vive. Deux hyènes les observent de l’autre côté d’un étang. Avec son poil décoiffé et son regard hagard, ce prédateur ressemble  à un quadra ivre mort à la sortie d’une boite de nuit à 7 heures du matin.

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Patrick m’explique qu’un père de famille lui avait demandé s’il était possible d’assister à une chasse entre animaux. Par chance, ils tombent sur Monsieur et Madame Warthog (ça donne littéralement cochon à verrues). De la famille des cochons donc, ces derniers ressemblent avec leur crinière et petites pattes aux poneys mais aussi aux hippopotames, les cornes en plus, ces mutants courent si vite que j’ai dû piquer la photo sur la Toile.

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Donc Monsieur et Madame Warthog se retrouvent soudain entourés par des hyènes. L’une d’elle attaque Monsieur qui se débat tant bien que mal mais le voilà mordu. Mince, l’odeur du sang transforme la hyène en teigne. Elle ne va pas lâcher le morceau. Pendant ce temps, Madame a pu filer à l’anglaise et se cacher dans un trou. Dans la jeep, le père de famille et son fils mitraillent la scène, avides de sang eux aussi. Le warthog se fait attaquer de toute part et ce sans pitié aucune. Le carnage est si violent que l’épouse et la petite fille sont en larmes. Patrick m’a raconté de nombreuses anecdotes durant ces deux jours mais celle-ci m’a le plus marquée. J’imagine cette même famille américaine quelques jours plus tard mangeant un plat de macaronis au fromage à peine décongelés. Le père éteindra la TV car il en a marre que les journalistes montrent des images du peuple palestinien qui se fait bombarder et encercler par Israël. A l’heure du repas! Ca ne se fait pas.