Black is the new red : de New York à la « haute couture » de Termanthia

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La fashion week de New York se termine. Alors hop! ——> vol de nuit avec Air France en classe business dans l’A380 ——> Transit à Paris sous la pluie ——> Arrivée à Madrid sous le soleil et check-in au Ritz ——–> évanouissement mérité dans un lit aux draps fichtrement bien repassés.

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Pour clore la semaine de la mode à Manhattan, je fais halte en Espagne. Moët Hennessy y invite une poignée de journalistes. Le but ? Découvrir la « robe » Termanthia, l’expression finale des meilleurs vignobles de la région de Toro.

Si Anna Wintour régit en prêtresse de la mode, côté vin c’est Robert Parker qui porte la couronne. Ce leader américain de la notation, déguste, critique et juge sur 100 points les meilleurs crus. Le grand maître octroie donc 100 sur 100 au Termanthia, de la Bodega Numanthia, pour son millésime 2004, l’élevant au rang de joyau de la haute couture : « un vin extraordinaire de profondeur et de complexité, une cuvée grandiose » selon ses critères.

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A 20 heures, j’éteins France 24 qui diffuse en boucle un discours du premier ministre Manuel Valls pour rejoindre le bar du Ritz. Je fais partie des Kruglovers et de ceux qui sont persuadés qu’une coupe de champagne permet de se remettre d’un jetlag. Forte de ce constat, je me sers un deuxième verre. On part fissa au Prado. Le musée madrilène nous ouvre exceptionnellement ses portes de nuit.

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Avant le food pairing, l’art pairing. Maite Garcia-Mina, professeur du musée, nous sélectionne des œuvres dont celles de Goya qui peignait déjà les aristocrates savourant les grappes de raisins fraichement pressées.

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On salue, « les Ménines » de Velázquez, tableau peint en 1656, avant de faire halte devant « Los Borrachos » (« Les Ivrognes ») du même auteur. Décidement le vin rend fou. Voici, « La Bacchanale des Andriens » du Titien qui représente les effets de cet élixir coulant à flots dans le lit d’une rivière créée par le dieu Bacchus. Enfin, on s’arrête, déjà empli d’ivresse, devant le « Jardin des Délices » de Jérôme Bosch, peintre qui aurait inspiré Salvador Dali alors jeune étudiant madrilène.

wpid-20150916_214941.jpgDans l’emblématique Salle des Muses, transformée pour la soirée en salle de réception, une valse de Strauss nous accueil. Je discute avec Bertrand Landreau, le responsable marketing – entre autre – de Bodega Numanthia. Ce fils de viticulteur est passé par la case mode avant d’atterrir dans le marketing. Il compare avec plaisir Givenchy au Termanthia, ce joyau du savoir faire artisanal du terroir viticole espagnol. 5000 bouteilles sont produites par année. En Suisse, le prix de cette Rolls-Royce, qui fait partie du portefeuille de Moët Hennessy depuis 2008 (avant le domaine était familial), oscille autour des 270 sfr.-

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«The blackest of black grapes » Bertrand tire un trait d’union avec les premières collections sombres du directeur artistique de Givenchy. Cet obscur objet du désir, du fantasme, cette densité torturée se compare donc aux silhouettes de Riccardo Tisci. « Le savoir ancestral lie la mode au vin, poursuit Bertrand, la haute couture ne peut se concevoir sans l’aide de petites mains, ici, pour coudre un ourlet, là, pour broder un fil d’or. Le Thermanthia se crée, quant à lui, par la force du poignet de l’artisan qui, attentif et passionné, sélectionne les grappes, exfiltre les impuretés. »

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A l’instar de l’atelier d’une maison de couture qui cherche les meilleurs tissus, le terroir est pour ce vin maitrisé à la dentelle près. Les vendanges se font par des artisans, le foulage du raisin avec les pieds. En somme, le travail de précision est similaire à celui de la création d’une robe d’un grand créateur.

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Et puis, vient la surprise : lors d’un défilé, on découvre stupéfait une paire de baskets aux pieds d’un mannequin vêtu d’une robe à paillettes. Dans son assiette, même effet, le risotto à l’encre de sèche flanqué d’une émulsion aux moules sera embelli en bouche par un Termes 2012, le petit de la Bodega Numanthia. Un rouge au lieu d’un blanc traditionnel.

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Et voilà qu’à l’heure d’accompagner une symphonie au chocolat noir, surgit des ténèbres le Termanthia 2012 dans toute son intensité. Le food pairing donne envie de mourir en paix tout en écoutant non plus du Strauss mais du Wagner. Voilà comment clore cette semaine new-yorkaise, cette semaine de la mode, cette semaine de la découverte où, au final, il s’agit avant tout d’avancer avec son art à contre-courant pour surprendre encore et toujours tout en restant soi-même : un être plein de mystère.

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