Le Cascadeur du festival de Clermont : Ce héros au regard si doux

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Mardi dernier. 13h. Au troisième étage de la Maison de la Culture de Clermont-Ferrand, siège du prestigieux festival de courts-métrages, je rencontre l’un de mes compagnons du jury Labo. Nous devons fissa enchainer avec la photo officielle et le dilemme se pose déjà : bleu ou pailleté ? Cascadeur, de son vrai nom Alexandre Longo, ne se montre jamais à visage découvert. De fait, il tient dans ses mains deux cagoules de catcheur mexicain. On opte de concert pour la version à paillettes. On se repeigne chacun les sourcils. Clic. C’est dans la boite. Lire la suite

Rotterdam : La première internationale de « Nuestro Mar »

« Nuestro Mar », mon nouveau court métrage tourné, lui aussi, à Cuba et vainqueur du prix du meilleur film suisse au festival de Winterthur en novembre dernier, fera sa première internationale au prestigieux festival de Rotterdam.

L’occasion, le 31 janvier d’aller braver le froid nordique… Enfin pas pour vous mais pour moi.

Cliquer ici pour voir le trailer : https://www.youtube.com/watch?v=dIDVllGInrc

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Washington: la danse par Edgar Degas et le BeeTini cocktail du Fairmont

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Après 48 heures au festival de Namur, en Belgique, où j’y présentais mon film en compétition internationale, me voilà foulant le sol de Washington DC pour la première américaine de « Horizontes ». L’ambassade suisse a orchestré cette projection spéciale de concert avec l’AFI, l’American Film Institute, qui présente une sélection de films ancrés dans le paysage latino. Lire la suite

Corée du Sud: le festival EIDF à Séoul et les avions en papier de Monsieur Ping-Pong

24h: Afrique —> Moyen-Orient —> Asie.

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Durant le vol Qatar Airways qui m’emmène à Séoul, je repense à l’email télégraphique de ma mère : « Corée du Nord : armée prête au combat. » Suivi d’une sommation : « Ne va pas là bas! » Elle ne s’arrêtera donc jamais de s’inquiéter. J’imagine déjà Kim Ping-Pong lancer ses avions en papier par delà sa frontière et me réjouis presque de cette situation instable.

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Je viens de caresser dans le sens du poil une bouteille de Krug au lounge de Doha (Krug? Oui, Krug!) en écoutant un ancien ambassadeur. Il vient d’Abu Dhabi mais a travaillé plusieurs années en Tanzanie. Il s’y est acheté une maison avec 11 chambres à Arusha qu’il veut transformer en resort. Il me montre les photos de sa demeure sur son Ipad moi je le regarde les sourcils froncés. Je trouve qu’il ressemble fâcheusement à Bill Cosby. On parle du Moyen-Orient, de mes films, du financement qu’il pourrait peut être me trouver pour un projet de documentaire. Le serveur, lui, est kenyan alors on lui commande nos plats en swahili, langue que je maitrise à la perfection depuis mes deux semaines passées en Tanzanie.

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A peine l’avion atterri à Séoul et ma température prise par des officiels du département de la santé, je file aux WC de l’aéroport : une robe noire, du rouge à lèvres et je me voilà fin prête pour rejoindre la cérémonie d’ouverture du festival. Nous n’avons qu’une heure et quart pour y arriver. Juste avant la cérémonie, se tient un cocktail. J’arrive pile à la fin et vois sur une petite estrade les quatre autres cinéastes internationaux rouges de honte. Le présentateur leur demande de danser « Gangnam Style ». Mon interprète me pousse à les rejoindre. Je suis catégorique : jamais.

Enfin la salle de spectacle s’ouvre. Nos places sont numérotées. Je fais la connaissance d’un réalisateur indien qui est arrivé 3 jours plus tôt pour filmer à Séoul un court-métrage de science-fiction. On est tous en plein jetlag culturel. Un cinéaste hollandais que j’avais rencontré au pitching du réel de Nyon, il y a 2 ans, rit. Il paraît que 70% des sous-marins nord coréens ont disparu des radars américains.

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La cérémonie d’ouverture de ce festival – qui se veut archi pointu en documentaires et qui a comme présidente du jury  la directrice de l’IDFA – tient de l’Eurovision. Une succession de femmes et enfants chantent les uns après les autres tandis que des hommes en costume palabrent des heures durant remerciant Dieu sait qui. J’imagine la même cérémonie en Corée du Nord. Un des militaires se trancherait la gorge sur scène en hurlant son amour indéfectible à Monsieur Ping-Pong.  Heureusement qu’on a tous dans nos chambres un masque et la bible à portée de main. je me couche en repensant à cette folle journée et à ces continents traversés. Bon sang, mais qu’est devenu l’acteur qui jouait Bill Cosby? J’arrête pas de me poser la question.

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