Paris, we love you !

Au programme de ces 48 heures parisiennes : l’art de recevoir du Peninsula, expositions, cinémas, néo bistrots et rencontres avec une actrice à l’actualité chargée.

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Dans le TGV Lyria, je feuillette un article qui annonce le nouveau partenariat de la compagnie ferroviaire avec Stan Wawrinka. Je me redresse. Et si « Stan the Man » était assis dans mon wagon ? Je refais mon chignon. Dans le reflet de la vitre, je me trouve soudain niaise.

PPR Exterior night

Le paysage hivernal défile, je repense à mon dernier séjour dans la Ville des Lumières. C’était le 13 novembre. J’avais loué un appartement près de la rue Charonne, à une centaine de mètres du bar la Belle Equipe. Je n’ai pas pu rentrer chez moi ce soir-là. Le quartier était bouclé car des tueurs circulaient en voiture. J’ai erré avec une amie dans le Marais en quête d’une solution. Les restaurants, hôtels et bars fermaient leurs portes. Des gens pressaient le pas. On nous sommait de ne pas rester dans les rues. Mais où aller? Plus de métros, pas de taxis. Nous avons marché vers les Halles. Trois personnes nous ont barré le chemin: « Ils tirent là-bas aussi! » Finalement, grâce à Facebook, une inconnue nous a ouvert les portes de son appartement. Nous étions 8, assis dans son salon, à découvrir l’horreur sur le petit écran. A 4h du matin, nous avons enfin trouvé un taxi. C’était le dernier soir d’un doux automne et le premier d’un long hiver.

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Mais Hemingway le dit, « Paris est une fête ». Alors, me revoilà. Alarmés par l’état d’urgences, nombreux  sont les touristes qui ont annulé leur séjour et pourtant l’artiste chinois Ai Weiwei se promenait en janvier tel un résistant au Bon Marché Rive Gauche pour inaugurer son exposition visible jusqu’au 20 février. Il  exposera aussi dès le 27 janvier à la Fondation Louis Vuitton où il dévoilera un arbre sans feuilles et torturé. Des films ukrainiens ou philippins de 4h30 sont à nouveau programmés dans les salles Art et Essai ou au Jeu de Paume et plus trivial, les soldes font rougir de bonheur les fashionistas.

PPR Pen Moments The Bar

Pour ce week-end culturel agrémenté d’un peu de shopping, je pose mes valises dans le palace The Peninsula, avenue Kléber, dans le XVIe arrondissement. L’établissement abritait autrefois un grand hôtel, ouvert en 1908. Durant 40 ans, il accueillait les personnalités riches et célèbres, ainsi que les chefs de file du monde des arts, de la musique et de la littérature. J’imagine les nombreuses fêtes arrosées durant les Années Folles.

PPR Rolls-Royce

Quatre années furent nécessaires pour réaménager l’établissement actuel (2010-2014) impliquant notamment la pose de 40 000 feuilles d’or ! Les vastes galeries de l’hôtel forment un écrin parfait pour accueillir aujourd’hui une vaste collection d’oeuvres d’art.

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Ma chambre, tout comme le bar du rooftop, donne sur la tour Eiffel. Une compagne agréable que je salue au lever du jour ou le soir avant de me coucher.

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Du chocolat maison et une bouteille de champagne m’attendent dans ma chambre. Flûte, j’ai rendez-vous avec ma cousine pour dîner dans un restaurant arménien près de la rue de la Pompe. Je me sers une coupette. La maison Deutz fournit le champagne du groupe depuis plus de 25 ans. Cette tradition se poursuit avec l’hôtel The Peninsula Paris. Au retour de mon dîner, je me coule un bain et profite de ces bulles devant un documentaire sur David Bowie.

Le lendemain, je file au Musée de la Mode, à 5 minutes à pieds de l’hôtel, qui présente « La mode retrouvée: les robes trésors de la comtesse Greffulhe. » Aujourd’hui, on dirait d’elle que c’est une icône gay. A la Belle Epoque, elle ravissait les salons dans des tenues flamboyantes. Frouch… Frouch… (le plissement de sa robe) et voilà Marcel Proust qui l’a dépeint sous l’identité fictive de la duchesse Oriane de Guermantes dans « A la recherche du temps perdu ».

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Les toilettes et accessoires de l’aristocrate se déclinent dans les 5 salles du Palais Galliera avec Wagner en musique de fond, l’un de ses protégés. Une copie de son passeport atteste de sa volonté à rester jeune puisqu’elle ment sur son âge en inscrivant la date 1868 au lieu de 1860. Son testament manuscrit souligne son obsession vestimentaire. Peu importe où sa dépouille repose tant que ses successeurs suivent à la lettre les moindres détails de sa tenue.

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Direction la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent située à deux pas du musée. L’exposition miroir présente les collections d’artistes du styliste et de son ainé, Jacques Doucet. Les deux couturiers, chacun dans une moitié du XXème siècle ont collectionné les plus grands noms comme Braque, Brancusi, Chirico, Duchamp, Laurencin, Manet, Matisse, Modigliani, Picasso…

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Ils ont créé des «espaces-collections » dans leurs maisons, qui formaient des expositions inédites, de véritables installations, des œuvres en soi. L’exposition imagine un espace original voué la à réunion de certaines de ces œuvres d’art. J’ai soudain des idées pour décorer mon appartement. Je note dans mon agenda un mot clé: Ikéa.

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En fin de journée, je file à la piscine du Peninsula pour enchainer quelques longueurs avant de me prélasser dans le jacuzzi. Je finis ma session par un passage au hammam et au sauna.

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Le matin suivant, je cède à la Gourmandise, ma tendre ennemie. J’opte pour l’incarnation du diable ou l’un des meilleurs petits-déjeuners in town: L’Américain. Brioche feuilletée aux noix de Macadamia, kouign amann (what?), kouglof, chocolat chaud maison, bierchermuesli et les oeufs pochés au jambon ibérique sur muffin. Je regarde avec tristesse la brioche fondante pomme praline. Si seulement j’avais encore un peu de place pour toi, ma chère. Ensuite, j’annule mes rdv pour me recoucher. Il faut prendre très au sérieux, l’heure de la digestion (je lis en ce moment « Le charme discret de l’intestin » de Giulia Enders).

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Avant de remonter dans mon TGV, je retrouve Dounia Sichov au Café des Anges, un néo bistrot proche de Bastille. Le serveur me place à une table. Je tourne le dos à la baie vitrée. Tant mieux comme ça si on me tire dessus, je n’emporterai pas l’image de mon assassin. L’actrice française vient d’apprendre que « Boris sans Béatrice » de Denis Côté sera à la Berlinale et que « Ce Sentiment de l’été » de Mikhaël Hers fera sa première à Rotterdam.
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La grande complice d’Abel Ferrara travaille aussi en tant que monteuse et vient de terminer un film tourné en Ukraine qui sera lui aussi présenté à Berlin: « Mariupolis ». L’égérie des chemises Oxence tient un sac énorme contenant deux robes signées Yves Saint Laurent pour le tapis rouge berlinois : « Mon père a souvent photographié YSL. Ses images ont constitué tous les visuels liés à la vente aux enchères de Christie’s de 2009 de sa fondation. » Et de rajouter que deux photos de trois mètres de haut trônaient à l’entrée de l’expo. Décidément, mon séjour est marqué par ce YSL.

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En rentrant à Genève, quelle ne sera pas ma surprise en croisant « Stan the Man » dans le hall de la gare de Cornavin. Je jette rapidement un coup d’oeil dans le reflet d’un vitrine pour regarder mon chignon. Il est complètement défait et j’ai à nouveau l’air niaise.

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