48 heures à Cannes sous ACID

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-Euh… Tu es sûre de ton titre ? Tu veux dire « sous acide » ?

-Mais non, pardi ! L’ACID : l’Association du Cinéma indépendant pour sa Diffusion !

L’ACID… Késako ? Cette section, en marge du festival de Cannes, offre depuis 1993 une vitrine professionnelle à une dizaine de premiers films souvent sans distributeurs. Une visibilité non négligeable puisque des exploitants, journalistes, programmateurs du monde entier assistent à ces projections avec l’espoir de dénicher un talent nouveau. Lucas Belvaux, Ursula Meier, Yolande Moreau ou encore Philippe Faucon (qui présente cette année « Amin » à la Quinzaine des réalisateurs) sont passés par cette case.

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Comme je n’ai passé que 48 heures sous la pluie cannoise (avec trois heures de soleil en tout), j’ai décidé de me concentrer sur leur cuvée 2018 car rares seront les films qui finiront sur nos écrans. Me voilà pédalant dans les nuages au milieu des petits lapins. Des pépites, j’en ai vu et force est de constater la présence de femmes cinéastes, de productrices, d’actrices brillantes, de mères ou de jeunes femmes intrépides.

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Direction la Roumanie avec  « Seule à mon mariage » réalisé par Marta Bergman avec Alina Serban. Une post-adolescente illettrée plante en pleine nuit sa grand-mère et sa fillette sans prénom (elle l’appelle « Bébé » peut être par peur de trop s’attacher à elle) pour quitter la banlieue de Bucarest et tenter sa fortune en Belgique. Elle rêve d’amour, baraguine trois mots de français et découvre, sous une pluie battante, le désenchantement de sa nouvelle vie.

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Le mouchoir de l’émotion revient au touchant et lumineux «Dans la terrible jungle » de Caroline Capelle et Ombline Ley. A l’Institut médico-éducatif la Pépinière, une dizaine d’adolescents souffrant d’un handicap, imposent leur singularité et chantent leur fureur de vivre. Réunis sur scène par des éducateurs qui les encadrent, les voilà, libérés de tout carcan, qui expérimentent une impro musicale tripante.

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De quoi planer jusqu’à la projection suivante. Changement de décor et de section. A la Semaine de la Critique, « Nos Batailles » est le deuxième long métrage du cinéaste franco-belge Guillaume Senez (Keeper) avec Romain Duris.

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Le film salue, à sa façon, les mères, les sœurs et les collègues, ces seconds rôles qui occupent le devant de la scène tantôt d’un syndicat tantôt d’un foyer. Le personnage de Romain Duris fait face au départ inexpliqué de sa femme, affronte les non-dits, réalise ses erreurs en tant que père et époux absent et surtout découvre la force des femmes qui l’entourent.

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18h, un rayon de soleil m’éblouit tandis que je trébuche sur une groupe de retraitées cinéphiles de Sallanche :

-Pardon mesdames, le président de la Confédération Helvétique va donner un discours et je suis en retard !

-Qu’est-ce qu’elle dit ? Les Suisses ? Ah, ils sont drôles ces oiseaux-là avec leur système. Et c’est qui cette année votre président ?

-Je… wait… Je connais la réponse… Alain Berset !

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Oui, Alain Berset a fait l’aller-retour dans la journée pour fouler le tapis rouge, saluer la carrière de Godard, dont son dernier film est en compétition officielle, et donner un discours devant un parterre de professionnels helvètes. Lors de ce cocktail organisé par l’Office Fédéral de la Culture, je croise Consuelo Frauenfelder.

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La Genevoise a coproduit «Un couteau dans le coeur», le film en compét de Yann Gonzalez avec lequel elle collabore depuis des années déjà. Entre deux verres de blanc, elle revient sur la difficulté du financement : « Nous avons, réussi à trouver 10% du budget global en Suisse. C’était extrêmement difficile ! Nous avons essuyé les refus de l’OFC et de Cinéforom, avant d’avoir la merveilleuse surprise d’un soutien RTS, à travers Françoise Mayor, puis le soutien privé de Jamal Zeinal-Zade. »

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Un souvenir de tournage ? « Les trois jours passés dans la fournaise d’un cinéma désaffecté, en plein mois de juillet, à Paris. Les lumières tamisées, soudain un bruit de projecteur, et l’apparition magique de Vanessa Paradis, en pleine lumière, féline et pleine d’une émotion que nous avons tous ressentie. Un instant de cinéma inoubliable. »

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Le soir, épicurienne je serai. Sur la plage Nespresso, je craque pour les bouchées d’asperges blanches cuisinées en mimosa de Franck Giovannini, 3 étoiles Michelin et 19/20 points au Gault Millau. Débarqué avec une partie de sa brigade, le Jurassien aura usé de sa baguette magique pour servir un dîner gastronomique à une soixantaine d’heureux élus depuis une cuisine lilliputienne.

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Impressionné par le résultat, l’acteur et initiateur de Rencontres 7e Art Lausanne (r7al), Vincent Perez, serre la pince du chef du restaurant de l’hôtel de Ville de Crissier.

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Place au bling bling de la Croisette. Pour cela, on rejoint la suite du DPA Lounge à l’hôtel Intercontinental Carlton. Dans cette caverne d’Alibaba, Nathalie Dubois réunit des marques dénichées aux quatre coins du monde (produits de beauté, bijoux, thés, bougies) en quête de visibilité.

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Elles profitent de la présence des stars sur la Croisette pour leur offrir des cadeaux voire des voyages exclusifs. Entre la cérémonie des Oscars et celle des Césars, la Française expatriée à Los Angeles, a déjà accueilli Sharon Stone, Charlize Theron, Colin Firth ou encore, ici, Elsa Zylberstein.

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Le lendemain à midi, je passe devant les chawarmas de chez Al Charq, le meilleur restaurant libanais du festival, et me ressaisis : «Ma fille, des asperges détox t’attendent.» Deux minutes plus tard, l’ascenseur s’arrête au 7eétage du Martinez. Chopard, partenaire officiel du festival, y possède son rooftop avec l’une des plus belles vues sur la Croisette. Généralement, on s’y selfise jusqu’à la mort de sa batterie mais ce jour-là, il pleut (encore).

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Qu’importe, l’action est ailleurs. La coprésidente Caroline Scheufele accueille ce midi Natalia Vodianova. Vous savez, ce mannequin qui vendait, enfant, des fruits dans un marché en Russie avant de démarrer sa carrière de top model et de cumuler les campagnes publicitaires pour les plus grandes marques.

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Charismatique et consciente que sa vie ressemble sacrément à un conte de fée (et pas au destin de la protagoniste dans « Seule à mon mariage ») , l’épouse de Antoine Arnault crée en 2004 la Fondation Naked Heart pour aider des enfants défavorisés en Russie avec deux domaines de prédilection: la construction d’aires de jeux dans des régions pauvres et le soutien des familles ayant des enfants aux besoins spéciaux. La maison de Haute Joaillerie genevoise a profité de la présence de la presse à Cannes pour annoncer son soutien avec une collection dessinée pour l’occasion.

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