Les chapelles arty de Saint-Paul-de-Vence

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Là, rien à dire. C’est l’escapade idéale, entre terre et mer, où l’on se sent aussi bienheureux qu’un cabillaud côtoyant son lomo ibérique croquant. Concrètement, au départ de Genève, après les 50 minutes d’un vol au dresscode résolument orange pour Nice, il ne reste que 30 minutes de voiture avant de poser ses valises dans les hauteurs de Vence, au Château Saint-Martin & Spa. Ce timing fiche les frissons, non? Rien que de l’écrire, j’en ai la chair de poule.

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En 48 heures, on aura le temps de visiter les environs, de s’injecter une dose d’art et de culture en intraveineuse mais aussi de se faire dorloter lors d’un soin d’une heure, enrichi à l’Eau de Caviar avec la marque Suisse, La Prairie, qui a jeté son dévolu sur le Spa creusé à flanc de falaise.

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On pourra même clore le dernier Amélie Nothomb et crier « Jeu, set et maaaaatch ! » sur l’un des deux courts de tennis de l’hôtel avant un dîner étoilé.

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Donc pas de temps à perdre, on commence la visite par le deuxième village le plus visité de France avec 2 millions de touristes par an. Ici, à Saint-Paul-de-Vence, pour 3600 habitants, on compte une quarantaine de galeries.

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Cette cité des arts perchée sur une colline domine la campagne et la mer et devient un musée à ciel ouvert avec en prime cette année une biennale internationale. Au début du siècle passé, l’arrivée du trammway qui reliait la côte à cette région a permis aux peintres de quitter la côte d’azur. Ils découvrent un arrière-pays riche en couleur et senteurs (on y respire le jasmin, la violette et la rose) mais aussi une lumière unique pour la peinture.

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Ces artistes se retrouvent le soir au Robinson, une guinguette devenue depuis la Colombe d’Or. Les propriétaires, la famille Roux, achètent les toiles de ceux qui deviendront plus tard des grands maîtres : Braque, Léger ou encore … Matisse en guise… de quelques… pastis (je dis ça mais je n’en sais rien. Reste que la rime marche).

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Les acteurs qui tournent dans les studios La Victorine à Nice s’arrêtent aussi ici pour une partie de pétanques avant de monter les marches des premières éditions du Festival de Cannes. Yves Montand tombe raide dingue de Simone Signoret et l’épouse en 1951. En nouvel enfant du pays, le voilà titillant le cochonet avec Lino Ventura, Roger Moore ou Paul Belmondo. Le comédien fera des vers avec Prévert sans en avoir l’air (dis donc, d’humeur poète, moi…)

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Marc Chagall vivra dans ce village les 20 dernières années de sa vie. On l’imagine sur une terrasse à midi, accompagnant son ballon de rosé d’une pissaladière ou d’une socca, cette galette fine à base de farine de pois chiche avant de mourir à 97 dans son atelier qui, hélas, ne se visite pas.

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On grimpe les ruelles pavées pour rejoindre les hauteurs du village fortifié. Jean-Michel Folon, autre protagoniste de la scène artistique internationale, a habillé de ses toiles et de ses sculptures la chapelle des Pénitents Blancs. Le point d’orgue ? Sa mosaïque qui a demandé 9000 heures de travail pour un puzzle de plus de un million de pièces en pâte de verre émaillé.

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La guide me précise qu’en France on connaissait cet artiste belge principalement pour ses « hommes volants », qui accompagnait les génériques d’ouverture et de fermeture d’Antenne 2 de 1975 à 1983. Sorry… à cette époque, j’avais permission de veiller jusqu’à 19h30.

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A une quinzaine de minutes à pied (ou à 20 euros en taxi): la Fondation Maeght. L’audioguide explique qu’à la mort de leur fils, le couple de collectionneurs, Marguerite et Aimé Maeght, part sillonner les USA. Ils visitent les Fondations Guggenheim, Barnes et Phillips et rentrent éblouis. 11 ans plus tard, en 1964, André Malraux, alors ministre des affaires culturelles, inaugurera leur espace. Quand je dis que le voyage donne des ailes aux idées… Je n’ai pas si tort que cela.

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Les œuvres de Joan Miró, Marc Chagall, Alberto Giacometti, Georges Braque, Alexander Calder ou encore Fernand Léger dialoguent entre elles dans les salles et les jardins de cet édifice signé Josep Lluis Sert.

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La chapelle Saint Bernard est construite aussi par l’architecte catalan sur l’emplacement d’un ancien sanctuaire et héberge un Christ en bois polychrome du XIIe siècle offert par le couturier Cristobal Balenciaga à la Fondation.

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On pense en avoir eu assez de ces chapelles mais que nenni. Sur la route qui nous ramène à notre hôtel, on s’arrêtera à la Chapelle du Rosaire, celle que Henri Matisse a habillé pour le Couvent des Dominicains dans les hauteurs de Vence. On doit ce décor à l’amitié entre le peintre, qui s’installe ici en 1943 et une jeune aide-soignante qui lui servira de modèle avant de prendre le voile et de devenir Soeur Jacques-Marie.

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L’ascension vers le septième ciel se poursuit jusqu’au parc du Château Saint-Martin & Spa. L’établissement collabore avec deux artistes durant cette saison. Ainsi, les quatorze hectares sont parés des sculptures d’un artiste du pays, Bernar Venet (il a supprimé le « d  » de son prénom pour éviter que les Américains ne l’appellent Bernarde). Une compagnie agréable aux 300 oliviers centenaires.

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Le message de foi de cet ancien fief des Chevaliers des Templiers rayonne encore à travers la chapelle Saint-Martin revisitée par l’Arbre de vie de l’artiste protéiforme Erick Ifergan. Ce plasticien accompli : photographe, réalisateur de films et de clips musicaux partage son temps entre les Etats-Unis et le sud de la France où il a installé ses ateliers à Grasse et Vallauris. Il a même signé des films commerciaux pour Dior, Armani ou Hugo Boss.

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Après, un apéritif au coin du feu, je fais la connaissance le soir du chef exécutif qui officie durant l’hiver à l’Apogée de Courchevel. Jean-Luc Lefrançois a obtenu l’an dernier sa première étoile Michelin. S’il officiait dans les cuisines de palaces parisiens, il décide il y a 4 ans de faire rouler sa moto sur le bitume direction le sud de la France : « Je me considère comme un nomade, je ne suis pas matérialiste et me satisfais de peu pour être heureux. Je veux juste une vie qui a du goût, du relief.» Aussi sportif de haut niveau (si on compare ses efforts à mes 5 brasses dans la piscine à débordement chauffée), le voilà qui énumère ses activités sportives : triathlon, ski, peau de phoque en hiver et raid multisports.

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«L’avantage du château est sa proximité avec la nature, je pars courir tout seul ou avec des clients. En rentrant de ces balades sportives, je ramène une botte de thym sauvage que j’associerai le soir même à un poisson de la méditerranée ou à de l’agneau, ma cuisine restant très instinctive.»

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Avec son mental d’acier, Jean-Luc Lefrançois assume déjà 34 ans dans le domaine de la gastronomie et savoure le cadre que son travail lui offre: « Au château, on a un petit potager, on y cultive nos herbes comme la sarriette, le romarin et le basilic et des tomates. » Bienvenu au Paradis.

 

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