Voyage au Japon: Osaka et son poulpe

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Fin de mon périple nippon avec une dernière halte dans la capitale de la gastronomie. J’ai lu quelque part que si Tokyo ressemble à Paris, Osaka aurait plus des airs de Marseille. Et bien… Ce n’est pas faux. En tout cas, les habitants sont beaucoup plus accessibles et chaleureux voire même dragueurs pour certains. Serait-ce à cause de sa taille humaine avec seulement 2,6 millions d’habitants ?

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Dans « Le Gourmet solitaire », on suit les pérégrinations d’un commerçant de vêtements. Avant de partir au Japon, j’ai effeuillé ces deux tomes signées Jiro Taniguchi pour le dessin et Masayuki Kusumi pour le scénario. Chaque chapitre se décline par spécialité culinaire. S’il se situe principalement à Tokyo, le chapitre 7 du premier volume invite le protagoniste à Osaka et le voilà une fois de plus affamé. Il s’arrête dans une gargote spécialisée en beignet de poulpes. Il en commande avec du sésame et de la ciboulette…

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Le centre ville de cette puissance économique ne désemplit jamais, peu importe l’heure de la journée ou du soir. Mon hôtel se trouve pile à l’arrêt du métro Shinsaibashi Station sur Midosuji, la plus prestigieuse avenue commerçante bordée d’arbres. Elle est considérée comme les Champs Elysées. Le quartier possèderait près de 800 boutiques. J’ai fait le voyage avec un sac à dos pesant 7 kilos au départ. Au retour, la balance indiquera 21 kilos. C’est qu’il y avait les soldes, vous voyez…

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Située à l’embouchure de la rivière Yodo qui vient se jeter dans la baie d’Osaka, la ville dispose d’un réseau de canaux qui s’entrecroisent. C’est tout normalement que j’ai optimisé mon arrivée en visant directement le quartier Dotombori connu pour ses ruelles commerçantes, son ambiance festive avec ses restaurants et son canal autour duquel se trouve pléthore de terrasses.

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Je passe devant le crabe géant qui recouvre la façade entière d’un immeuble et qui sert de point de rendez-vous pour les locaux avant de passer commande à deux étudiants qui vendent ces beignets au poulpe cuits dans une sorte de gaufrier rond. Ces tako-yaki se reçoivent par 8. Un bref instant, je me sens l’héroïne d’une bande dessinée. Revigorée, je file au marché Kuromon. Depuis l’époque Taisho (début du 20e siècle), ce marché est aussi appelé « la cuisine d’Osaka ». Sur 580 mètres se succèdent des étals de fruits, légumes, poissons et autres victuailles.

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Jadis ce quartier était rempli de théâtres, on venait apprécier les spectacles de Kabuki. Le Kabuki est une forme de théâtre traditionnel japonais qui a vu le jour à l’époque Edo, au début du dix-septième siècle. Joué à l’origine par des hommes et des femmes, il a été par la suite interprété par des troupes exclusivement masculines, tradition qui a perduré jusqu’à nos jours. Les acteurs spécialisés dans les rôles féminins sont appelés onnagata.

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Bombardée durant la deuxième guerre mondiale, Osaka s’est depuis reconstruite à la verticale, une verticalité qui prend racine dans les sous sols des stations de métro. Le souterrain qui se désarticule autour de la gare principale dans le quartier de Umeda est digne d’un district dans le film « Hunger Games » et réputée comme étant le plus grand complexe du Japon. En tant que touriste, il est préférable de prévoir une bouteille d’eau, des baskets confortables et un carré de sucre car on se perd à chaque fois dans ces dédales kafkaïens où les informations oscillent entre l’anglais et le japonais pour ne finir souvent qu’en japonais. Au point, où je me suis demandée combien de traducteurs ont démissionné avant de finir leur parcours. A moins qu’ils soient tous perdus ?

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Dans les souterrains du métro de Namba, je découvre une allée où se succèdent des restaurants en taille XXS proposant des yakiniku, des tranches de viande grillée et assaisonnée façon barbecue coréen, avec parfois du bœuf de Kobé. Un délice que l’on déguste assis collé à son voisin avec un bout de bar que l’on se doit de défendre tout en maitrisant son coup de coude.

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J’ai pris un billet pour faire le tour de la ville avec le bus touristique. Grand mal m’a pris. L’adresse sur le billet est en japonais et il est impossible de trouver le point de départ du bus. Les employés du métro croisent leur bras en X, manière un peu brusque de dire « non je ne sais pas où se trouve votre fichu bus » ou « dégage » ou « je n’aime pas la couleur de votre pull », je n’ai pas encore compris.

Une fois à bord du bus, la guide ne parle que dans sa langue natale. Tous les passagers sont des touristes de l’archipel. On me tend des écouteurs pour la version anglaise et tandis que la guide crache dans son micro des milliers d’anecdotes croustillantes sur chaque immeuble, virage et rue, ma traduction me répète de garder ma ceinture fermée, de ne pas me lever lorsque le bus roule et de ne pas fumer à bord. Autant dire que j’ai dû suivre la dynamique de mes voisins qui s’extasiaient tantôt à droite, tantôt à gauche pour découvrir les highlights de la ville.

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Je passerai le lendemain par le château d’Osaka qui est protégé par une enceinte et un canal. Pour y accéder, on emprunte à pied un ponton passant ainsi au dessus du fossé et des douves. Construit à la fin du XVIe siècle, le château devint la plus grande forteresse du Japon. Suite aux nombreuses guerres et incendies, les 5 étages actuelles forment une copie du bâtiment d’origine.

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Parlant de copie, ma dernière hâlte se fera au Museum of Housing and Living. Il faut faire la queue devant un ascenseur, une hôtesse nous invite à nous serrer l’un contre l’autre à mémoriser qui se trouve devant nous pour ne pas le dépasser à la sortie de l’ascenseur où une autre hôtesse nous aligne deux par deux.  Mes origines suisses-allemandes virevoltent dans mon coeur : quelle organisation au millimètre près ! Quelle rigidité alors que nous sommes censés passer un moment de détente ! Que du bonheur. Une fois à l’intérieur, direction le vestiaire. On troque son jean contre un kimono à sa taille et hop on file au musée.

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Nous voici périclité dans la reconstitution d’une rue en pleine période Edo (1603-1867). On flâne dans les ruelles mais on peut aussi entrer dans les intérieurs et, une fois déchaussé, découvrir le mode de vie de l’époque dans une demeure, une arrière boutique ou un temple. Dans cette bulle, le temps file au gré de leur jeu de lumières qui nous fait osciller entre la nuit et le jour. Une sorte de « Truman Show » historique.

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Toute belle chose a une fin. Dans l’avion, une petite heure après le décollage le pilote du vol Air France nous invite à lorgner au travers du hublot. A la droite de l’appareil se dresse dans toute sa majesté le Mont Fuji. Tiens! je l’avais oublié celui-là. Bah… ce sera l’occasion de revenir au pays du Soleil levant.

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Informations pratiques:

Y aller : Il existe un vol quotidien au départ de Genève desservi par Air France via Paris Charles de Gaule, la durée totale jusqu’à Genève est de 14h50 minutes. Le tarif est à partir de 729 CHF en Economy et à partir de 1269 CHF pour la Premium Economy que je recommande chaleureusement pour son confort et son espace supplémentaire. Plus d’informations sur : www.airfrance.ch

L’Osaka Amazing Pass permet durant deux jours de visiter toute la ville et plus. Le premier jour, il sera possible de découvrir 35 musées et sites touristiques gratuitement en plus des transports publics. Le pass pour le second jour permet de rejoindre Kyoto dans la journée. Pour ceux qui n’ont pas fait la ville c’est l’occasion rêvée de la visiter. https://www.osaka-info.jp/osp/en/

De nombreuses informations et conseils se retrouvent sur le site de l’Office National du Tourisme Japonais Paris: www.tourisme-japon.fr ou directement sur place à l’office du tourisme d’Osaka: http://www.osaka-info.jp/en/

L’hôtel Nikko Osaka est directement lié à l’une des sorties du métro Shinsaibashi. Il est prisé pour sa situation géographique : au coeur du quartier le plus commerçant de la ville avec à proximité les restaurants du quartier de Dotonbori. Le petit déjeuner propose deux buffets à choix: occidental ou japonais. http://www.hno.co.jp

 

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