Art Monte-Carlo, Marlene Dietrich et le jackpot

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Le nouveau salon d’art contemporain du Rocher a trouvé sa date : pile entre la 110e édition du Monte-Carlo Rolex Masters, en présence de Novak Djokovic, et le Grand Prix Historique de la mi-mai.

Voici donc le bilan du dernier week-end d’avril – durant lequel on ne s’est pas découvert d’un fil – et d’un séjour arty sur la côte d’Azur.

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Dans le Carré d’Or, se love l’Hôtel Métropole Monte-Carlo, à deux minutes du Casino. L’arrivée aux aurores (merci Easyjet) me permet de goûter à un healthy breakfast au bord de la piscine devant « Le Voyage d’Ulysse », la fresque en noir et blanc signée par le designer Karl Lagerfeld. Après le yaourt 0% et un jus d’orange frais, check-in dans ma Junior Suite au 7e étage.

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A 11 heures, direction le Grimaldi Forum Monaco où se tient la foire. Une visite réservée à la presse s’apprête à commencer. Evidemment, j’ai laissé ma carte VIP à Genève et dois la refaire in extremis. Une hôtesse du haut de ses 18 ans, me gronde : « En tout cas, précise-t-elle avec une arrogance déplacée, c’est trop tard pour les visites des collectionneurs. Il fallait mieux vous organiser et vous inscrire avant. » Poulette, ai-je envie de lui répondre, je rentre du Népal et du Bhoutan, j’étais sous antibiotiques pendant 2 semaines, alors passe ton bac et fais-moi tes commentaires, celui-ci une fois en poche.

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Du 30 avril au 1er mai, une quarantaine de galeries présentent une sélection pointue dans le centre des congrès monégasque. Dans celle d’Almine Rech, on reconnait le travail de Richard Prince, de John Giorno, ce poète octogénaire issu de la scène underground new yorkaise; un sac Chanel en bronze signé Sylvie Fleury est posée à même le sol tandis que deux tableaux de Francesco Vezzoli occupe un mur entier. Voici l’artiste phare de la foire.

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L’Italien présente en marge une exposition solo au Nouveau Musée National de Monaco (NMNM). Il y revisite dans le décor Belle-Epoque de la Villa Sauber, rebaptisée la Villa Marlene pour l’occasion,  le mythe de Marlene Dietrich sur plus de quinze ans. Et s’inspire du Berlin des années 20 et 30 pour créer une scénographie imaginaire de la vie de la diva.

Chez Marc Jancou, on opte pour un choix sage à savoir 18 dessins réalisés dans les années 50 par Andy Warhol. Le galeriste, qui oscille entre Genève et New York, rappelle qu’à cette époque la diva du pop art venait de quitter Pittsburgh. Nous voici au moment de ses premières rencontres, il croque ses amis dans un style épuré parfois comparable à son aîné Jean Cocteau. Ces oeuvres de jeunesse méconnues du grand public sont accompagnées par les céramiques de Wayne Ngan, elles aussi simples.

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Fontana se retrouve accroché aux murs de plusieurs galeries comme celle de De Jonckheere, il fait ici partie d’un accrochage classique d’oeuvres d’après-guerre avec Dubuffet pour voisin. Pour Thomas Hug, le directeur de la foire artgenève et de cette première édition artmonte-carlo, c’était difficile au début de fédérer tout le monde. Il fallait éviter le bling bling pour présenter un travail sérieux et honnête. Mise sous le Haut patronage du Prince Albert II de Monaco, l’exposition est rapidement née: « la participation de la population locale et des institutions culturelles, comme les musées, a joué un grand rôle pour la réussite de cette foire », confesse-t-il entre deux couloirs.

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La visite se poursuit, un Botero sert de background pour Faye Dunaway qui donne des ordres à une photographe : « Non, faites-en une encore, je n’étais pas bien sur la précédente. » Caroline de Monaco arrive à midi tapante pour une visite privée. La délégation du Palexpo est présente et suis la princesse de Hanovre au pas.

artmonte-carlo 2016 - H.S.H. the Princess Caroline de Hanovre with Thomas Hug and Safia Al Rashid (c) Fabien Prauss

L’après-midi, je visite la Fondation Francis Bacon. Majid Boustany, l’un des propriétaires de l’Hôtel Métropole Monte-Carlo, a réalisé son rêve en ouvrant en 2014 ce lieu de recherche dédié au peintre britannique. Depuis, les visites offrent un éclairage privilégié sur l’œuvre, la vie et le processus de création du peintre. Durant une heure trente on plonge dans l’univers de ce dernier grâce à des tableaux, des lettres mais aussi des photos.

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Le soir, le champagne Ruinart coule à flot lors du cocktail dînatoire de la foire. On enchaine avec un autre événement monégasque: la Nuit Blanche. Jusqu’à six heures du matin, les galeries ouvrent leur porte. Au total, ce sont plus de 20 artistes de renommée internationale qui investiront Monaco, de la plage du Larvotto jusqu’au port, à travers l’art contemporain, (spectacles, films, musique et danse). Des évènements supervisés par le commissaire artistique Jörg Heiser.

Une occasion pour ne pas dormir et rater le programme du lendemain? Que nenni. La foire propose des visites privées chez des collectionneurs, au sein du Palais Princier, au musée de Vence ou encore sur un yacht privé, le Walanka.

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Avant la soirée Prada, petite remise en forme au spa du Métropole, dans les 2000m² dédiés au bien-être avec une halte pour un soin pedicure by Bastien Gonzalez.

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On malmène toujours ses pieds lors de ces événements culturels qui nous obligent de faire des kilomètres. Et bien, durant une heure, on lime, ponce, purifie, nourrit et fait briller mes ongles grâce à des recettes anciennes comme l’utilisation d’un polissoir, héritage de l’arrière grand-mère de Bastien, en corne naturelle et en peau de chamois. Vouii mesdames.

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Le dîner a lieu au « Yoshi », le seul restaurant japonais de Joël Robuchon. Le chef étoilé Takeo Yamazaki prépare un menu surprise : Sushi et Sashimi de dorade, saumon et St Pierre, Ebi Shinjo, un consommé agrémenté d’une boulette aux crevettes et oeufs de poisson volant tout simplement succulent sans parler du poulet teriyaki ou de la morue charbonnière marinée.

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A côté, un couple de Belges papotent. A l’heure du thé vert Sencha, l’homme d’un certain âge m’évoque ses souvenirs de jeunesse durant la deuxième guerre mondiale. « Avez-vous lu « L’Enfant de Noé »  de l’écrivain français Éric-Emmanuel Schmitt ? » Euh non. « Et bien, il raconte l’histoire du petit Joseph qui, parce qu’il est juif, doit se cacher. Il va grandir auprès d’un prêtre, le père Pons, un homme simple qui s’attache à faire survivre la culture juive pour la transmettre à ces enfants sauvés afin qu’ils ne perdent pas leur identité. C’est mon histoire. »

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Autant dire qu’après cette conversation, l’envie de se trémousser au Jimmy’z, à la soirée privée de la foire, s’est vite évaporée. Je rejoins l’ambiance feutrée du Casino et sombre en quelques minutes dans la spirale du jeu et de l’addiction. « Non, laissez-moi rejouer une dernière fois, me suis-je entendue hurler proche de l’hystérie, je suis sûre que je vais gagner cette fois! » Résultat, je repars avec une dette mais l’honneur sauf grâce à ces 35 centimes. Relativisons… Je ne peux pas me plaindre, j’ai eu la chance de ne pas vivre les années atroces de cette deuxième guerre mondiale.

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