Daniel Brühl, les talents de la Berlinale, une huitre et son émulsion café

Getty Images for Nespresso 'Auf einen Kaffee mit...'
Daniel Bruehl Photo by Franziska Krug/Getty Images

Berlinale. J’atterris après 7 heures de voyage au départ de Clermont-Ferrand. Durant une semaine, la capitale de l’Auvergne devient la Mecque du court-métrage. Ma chance ? Y officier en tant que jurée de la section Labo. Je profite d’une journée de repos avant la cérémonie de clôture pour faire un « rapide » aller-retour dans l’un de mes festivals préférés.

Getty Images for Nespresso 'Auf einen Kaffee mit...'
Photo by Franziska Krug/Getty Images

En 2004, j’étais arrivée à Berlin en train après une interminable nuit ponctuée de secousses. Un baluchon sous le bras, j’aurais pu vendre des allumettes et cracher du sang à l’instar d’un personnage issu d’un conte pour enfants. Et pourtant, le rêve, je m’apprêtais à le vivre puisque j’étais sélectionnée au Berlinale Talent Campus pour y représenter la Suisse avec 2 autres personnes. Durant une semaine, une flopée de jeunes cinéastes en herbes allait rencontrer des professionnels comme Alan Parker, Mike Leigh, courir les Masterclass, assister à un concert expérimental de John Cage et entre deux: voir les films de la compétition.

Getty Images for Nespresso 'Auf einen Kaffee mit...'
Photo by Franziska Krug/Getty Images

Plus tard, en tant que journaliste, je suis retournée à la Berlinale pour y rencontrer le mystique David Lynch, l’iconique Marianne Faithfull, la comique Julie Delpy et le sexy Antonio Banderas. Durant ces années, je sillonnais les couloirs de la Berlinale, armée d’un appareil Lomo. J’ai ainsi pu immortaliser au coin d’un mur Daniel Brühl. L’acteur allemand, gagnant du Shooting Stars Award en 2003, faisait encore preuve de timidité.

Getty Images for Nespresso 'Auf einen Kaffee mit...'
Photo by Franziska Krug/Getty Images

Aujourd’hui, un serveur me sert un cappuccino serré. En face de moi le même Daniel Brühl souffle sur son café, une édition spéciale cultivée au Rwanda, tandis que Stéphane Detaille responsable du sponsoring à l’international de Nespresso s’empare du micro. Nous sommes à la Fabrik 23, un loft berlinois branché au mobilier vintage. Le Café Officiel de la 66ème Berlinale va annoncer le lancement de « Nespresso Talent », un concours de courts-métrages mis en place en collaboration avec le Berlinale Talent Campus et la Semaine de la Critique à Cannes.

Getty Images for Nespresso 'Auf einen Kaffee mit...'
Photo by Franziska Krug/Getty Images

Le concept ? Réaliser un court métrage avec son Smartphone. La thématique ? « Explorer son monde extraordinaire ». Le concours débute le 7 mars et se clôture le 10 avril. Chaque gagnant recevra non seulement la somme de 6000€ mais aussi un voyage exclusif au Festival du Film de Cannes 2016.

Getty Images for Nespresso 'Auf einen Kaffee mit...'
Stephane Detaille, Gaelle Denis and Loretta Stern. Photo by Franziska Krug/Getty Images

« Ils ont pour critère de filmer à la verticale », précise la réalisatrice confirmée Gaëlle Denis, membre du futur jury. Cette dernière a été récompensée d’un Bafta et son dernier court métrage « Crocodile » a remporté le Prix Canal Plus du meilleur court-métrage lors de la Semaine de la Critique en 2014. « Ce format propre aux smartphones, poursuit-elle, permet de jouer avec la proximité des personnages en filmant des gros plans. »

Getty Images for Nespresso 'Auf einen Kaffee mit...'
Florian Weghorn. Photo by Franziska Krug/Getty Images

Florian Weghorn, Responsable du Programme Berlinale Talents, salue cette année la présence de l’acteur canadien Denis Côté et de l’actrice Meryl Streep dans ses masterclass. « Nous accueillons 300 étudiants issus de 78 pays, il y a même une jeune Afghane. Ils ont l’occasion durant ces quelques jours de faire du networking, de se conseiller mutuellement et de lancer des collaborations nouvelles. » Il me confiera lors du cocktail dinatoire que Joachim Trier auteur du fantastique « Oslo, 31 août » mais aussi de « Louder than Bombs » présenté à Cannes l’an dernier, appartient à une ancienne volée du Campus.

La classe. Je n’ose pas lui dire que j’étais aussi ce qu’ils aiment appeler  un ancien « talent « . Je n’ose pas non plus lui avouer que cette semaine berlinoise et ces auteurs rencontrés m’ont insufflé, à moi autodidacte, le courage de signer des films tout en préservant un langage personnel. Résultat? je suis la fière maman de 7 courts métrages et deux longs qui ont sillonné le monde des festivals. J’imagine l’énergie positive que la jeune Afghane ramènera dans ses valises.

Getty Images for Nespresso 'Auf einen Kaffee mit...'
Daniel Bruehl. Photo by Franziska Krug/Getty Images

Daniel Brühl, le fils protecteur de « Goodbye Lenin », fait partie des invités de marque de cet événement. L’acteur foule ces jours le tapis rouge du festival aux côtés d’Emma Thompson pour défendre « Every Man Dies Alone » présenté dans la compétition officielle. D’origine espagnol, il tient le bar « Raval », un bar à tapas, dans le centre de la capitale allemande et semble bien au point sur les qualités premières qu’un réalisateur  se doit de posséder. « Sur le tournage, le cinéaste occupe le poste de capitaine d’un bateau, il gère beaucoup et doit faire preuve, à mon avis, d’autorité afin de rassurer ses moussaillons mais il doit malgré tout rester ouvert au dialogue avec ses acteurs. »

Et de conclure avec un brin de sagesse: « Les auteurs expérimentés n’ont pas besoin de crier pour se faire respecter. » Je dois être sacrément expérimentée alors car je n’ose jamais élever la voix sur un de mes tournages. Au contraire, je m’excuse toujours au moment de demander quelque chose.

Capture d’écran 2016-02-18 à 18.12.51.png

Le comédien revient sur sa collaboration avec Quentin Tarantino : « Le scénario de « Inglourious Basterds » ressemblait à une bible, le dialogue millimétré ne nécessitait pas qu’on y modifie une virgule. » Moi c’est l’inverse, j’adore quand l’acteur marque son territoire et s’empare des mots pour les remodeler à sa manière. Ah Daniel, empare-toi de mon texte… Crotte, j’ai pas dit ça à haute voix quand même ?

wp-1455350612274.png

Le soir, après des huitres cuites dans une émulsion au café, une hérésie signée Achilles Daniel, le chef deux étoiles Michelin du restaurant Reinstoff, nous foulons le tapis rouge de la Berlinale. Le vent souffle. Nos vestes sont dans les limousines. On siffle vite fait une coupe de champagne dans le carré VIP pour se réchauffer avant de rejoindre nos places.

wp-1455831990394.jpg

Par un pur hasard, le film projeté ce soir, « Boris sans Béatrice » est signé Denis Côté dont j’admire généralement le travail (sauf ce soir). Son actrice ? La monteuse de mon nouveau projet, Dounia Sichov. Je suis amusée de la voir sur grand écran dans sa robe sexy signée YSL.

Le lendemain, de retour à Clermont Ferrand, j’annonçais sur scène lors de la cérémonie de clôture l’un des trois prix et prononçais le mot : « kaléidoscopique » en parlant d’un film primé. Le petit monde du cinéma prend fin après cette intense semaine, une bouffée d’air frais, une parenthèse. Une semaine qui fut comme la définition de ce mot : rapide d’impressions, de sensations vives et variée.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s