Le Four Seasons : Chiang Mai, la Rose du Nord de la Thaïlande et Jean Reno

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Chiang Mai, située à 700 km de Bangkok n’a… let me think… à peu près rien à voir avec la capitale. Elle possède une identité culturelle tribale unique, une taille respectable, et un air sacrément agréable. Connue sous le nom de Rose du Nord notamment pour les beautés naturelles qu’elle offre et sa position aux abords de la rivière Ping, la ville thailandaise est fondée en 1296 par le Roi Mengrai comme la capitale du Royaume de Lanna. « Chiang » signifie « Ville » et « Mai » : « Nouvelle ». L’ancienne ville royale est Chiang Rai, plus au nord.
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La ville estudiantine regorge de temples et de moines. Le matin, ils se pressent près de l’université à l’heure des offrandes, en fin de journée, on les écoute chanter dans les temples. Je profite des quatre trajets quotidiens et gratuits que le Four Seasons propose pour me perdre dans les ruelles et dans son bazar nocturne, je découvre dans la foulée le Wat Phra Singh connu pour son Bouddha Lion.

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Le week-end, le centre se transforme en marché de taille XXL avec mille échoppes qui vendent de l’artisanat, des écharpes en soie, en cashemire, des herbes et autres souvenirs qui ne se fument pas forcément mais qui restent colorés tantôt en bois tantôt en céramique sans parler d’un ample choix de street food. Je sombre dans l’hystérie devant une dame qui vend des barbes à papa, je pleure devant des beignets aux bananes saupoudrés de cannelle. Quand soudain, ce fut comme une apparition (pour citer Flaubert)  : je  la vois, elle me sourit, elle est belle. Ce sera love at first sight. Son petit nom? Khao Soi. Cette soupe au curry jaune et nouilles croustillantes est une spécialité de la région. On rajoute à la noix de coco des pickles et des cacahuètes grillées et une  giclée de lime. Je vais en manger tous les jours.
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Et puis je m’énerve, un peu plus loin, en mordant dans du gras de porc frit. Really? Il n’y a pas de viande dans votre truc? Madame, il est bizarre votre stand. Mais voilà que la petite vendeuse de 202 ans se lève d’un coup. Tous les gens dans la rue s’immobilisent et cessent de parler. Je pense à une mutinerie. Les hauts parleurs qui crachent depuis une heure le discours insupportable d’un monsieur diffuse soudain l’hymne national du pays. On se jette des regards surpris entre touristes. Personne n’ose bouger d’un cil de peur de froisser la fierté de nos hôtes. Deux minutes plus tard, la vie reprend à la fin de la chanson. Oui, alors ma petite dame, je vous disais que vous n’allez pas gagner « Top Chef » avec ce gras de porc frit.

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Le lendemain, je décide de profiter du Four Seasons. La vallée fertile offre un environnement verdoyant au cinq étoiles qui possède des rizières à perte de vue. L’une des activités offertes par l’établissement consiste à se familiariser avec la plantation de riz. On me prête pour l’occasion la tenue traditionnelle des paysans de la région: une chemise et un pantalon ample en coton bleu, un chapeau de paille pour se protéger du soleil et une écharpe à carreaux qu’on entortille autour de la taille en guise de ceinture. Ah, et des bottes taille 44, certainement le cliché de l’Européenne aux grands pieds. On m’explique qu’une fois le grain de riz semé, il faut attendre 45 jours avant d’extraire de la terre les pousses verts qui auront pris presque 20cm de hauteur. On égalise les semis et on les repique par petits bouquets dans un environnement marécageux et ensoleillé. Cela prend trois à quatre mois pour que le grain arrive à maturité.

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Autant dire que c’est physique : on se courbe toute la journée en plein cagnard, les bottes dans la boue, et on prie pour que les vers ne débarquent pas. Ce travail est collectif dans les villages en Thaïlande. Tout le monde participe au labeur. De fait, nombreux sont les jeunes qui prennent leur mois de congé pour aider leur famille.

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Le Four Seasons de Chiang Mai produit annuellement 1500 kilos de riz gluant qu’on mange notamment en dessert accompagné d’une mangue et de lait de coco. La direction offre sa récolte aux paysans des alentours. A la fin de l’activité (qui aura duré en tout et pour tout une heure), je repars le dos endolori, le corps boueux et l’envie de respecter à tout jamais chaque grain de riz qui se retrouvera dans mon assiette.

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L’activité suivante ? Muay Thaï : la boxe traditionnelle locale pratiquée dans les armées de l’empire Khmer. Mon prof est un jeune athlète tatoué. En une heure, il m’apprend ce qui pourra me sauver si un jour un membre de Spectre m’attaque. Coups de poing, de genou, de coude. Il m’entortille les doigts dans un bandage noir puis me met des gants de boxe et go, je dois le frapper le plus fort possible. J’imagine Marine Le Pen à sa place. Deux heures plus tard, je suis affalée au bord de la piscine comme une baleine éreintée après sa traversée New York – Londres. Impossible de boire mon Chiang Mai Mule, un cocktail réalisé par le célèbre mixologiste catalan Javier De Las Muelas à base de vodka, chili, lime et gingembre. Je n’arrive même pas à tenir ma paille. Des muscles inconnus jusque-là dans mes bras me font souffrir le calvaire.

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Heureusement, le programme se poursuit. Je me laisse rouler jusqu’au spa (car pierre qui roule n’amasse pas mousse) où m’attend le traitement Royal Lanna de 90 minutes. Candy, ma masseuse, me lave les pieds aussi méticuleusement que Jésus l’aurait fait. Elle me tamponne le corps d’herbes du jardin, m’enduit le corps puis me masse la chaire de mangue, enfin, de son extrait aromatique naturel. L’impression soudaine d’être aussi détendue qu’un boeuf de Kobé qu’on s’apprête à envoyer au gril.

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Ce qui me plait le plus au resort ? Le silence, le paysage et ma terrasse privée. Je commence ma journée à 7h du matin avec un cours de yoga au bord de l’étang. Le soleil pointe son nez au moment de nos salutations. Le prof vient du nord de l’Inde et ne comprend pas le sens du mot « Stop! » Du coup, j’ai réussi mon premier grand écart.

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Je profite ensuite d’un café servi sur ma terrasse pour lire la presse avant de rejoindre le buffet du petit-déjeuner. Mon pancake aux feuilles de Kaffir lime rehaussé de confiture au citron et cacahuètes grillées englouti, je file à nouveau à Chiang Mai me perdre dans les ruelles de la ville.

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J’ai loué un vélo pour 2sfr.- la journée, l’un des meilleurs moyens de visiter les secrets de cette ville et de ses abords. La première heure, je l’ai joué Jean Reno en pleine course poursuite dans « Ronin » en évitant tant bien que mal les voitures qui me fonçaient dessus. Ils sont fous ces Thaïs à conduire systématiquement du mauvais côté de la route, c’est dangereux ! Non. Apparemment – et pour citer le policier qui m’a arrêtée – c’est moi qui suis folle. Ici , on roule comme les Anglais.

Une réflexion sur “Le Four Seasons : Chiang Mai, la Rose du Nord de la Thaïlande et Jean Reno

  1. Geniaaal! J’adore ton style mi-figue mi-raisin.
    Cet article fait vraiment envie d’aller au 4 season etmChang mai.
    Bisous
    M.

    f

    >

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