Thaïlande, le Triangle d’Or : Do you have your elephant licence? 

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Le Four Seasons Tented Camp, situé dans le Triangle d’Or, sur la rive thaïlandaise du Mékong, collabore étroitement avec la fondation Golden Triangle Asian Elephant (GTAEF). Ce refuge, situé aux abords du campement, soigne une vingtaine d’éléphants abandonnés ou maltraités. Tous les matins, l’un d’entre eux a pris pour habitude de venir tremper sa trompe dans mon expresso, une manière à lui de quémander quelques bananes. 

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Inclus dans le package, en plus de la pension complète, on a la chance de pouvoir passer quelques heures en compagnie d’un éléphant de la fondation. On me présente Yuki, la plus jeune employée du Four Seasons. Et pourtant, elle a un curriculum long comme sa trompe. A peine née, la voilà séparée de sa mère pour braver les mers avant de rejoindre les côtes japonaises. De là, son nom qui veut dire « Neige ». Elle passe, ensuite, quelques années au coeur de l’effroyable cité touristique de Pattaya à travailler de nuit dans un cabaret de mauvais goût. Je l’imagine en jupette dandinant les pattes arrières devant de grossiers allemands rotant leur dixième bière. Et puis la chance lui sourit, elle repart au Japon pour devenir une star de la télévision locale. Mais à la fin de son contrat, on l’envoie dans un hôtel aux Philippines, où elle passe la journée exposée sur une plage. Je pense aux difformités de John Merrick qui a inspiré David Lynch et son « Elephant Man » et à la méchanceté des gens qui l’ont maltraité. Enfin, la fondation découvre Yuki et la ramène chez elle, dans la jungle paisible du nord de la Thaïlande. Aujourd’hui, ils sont 4 éléphants de la fondation à vivre dans les hectares sauvages du Four Seasons Tented Camp en échange de 6 heures de travail quotidien c’est à dire de 6 heures de ballade, de baignade et de repas.

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J’ai donc passé 2 heures en compagnie de Yuki. Pour monter sur son dos, son Mahoot (mot indien qui signifie entraineur), me montre comment faire. L’éléphant plie la jambe droite. Je pose un pied sur sa cheville, l’autre sur son genou et me tiens d’une main à une corde qui entoure sa taille et de l’autre à son oreille et hop je me retrouve comme une baleine échouée sur sa tête. Je passe l’autre jambe de l’autre côté et voilà: je suis assise sur un éléphant. On m’apprend ensuite à diriger Yuki. Si j’avais imaginé qu’un jour je rajouterai « éléphant » comme moyen de transport à mon permis de conduire. D’ailleurs, j’ai ce refrain dans la tête: « je ne vois plus personne en Harley Davidson ».

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Mais Yuki ressemble plus à la vieille Peugeot de ma mère qu’à une moto. Elle cale et consomme beaucoup (de bananes dans son cas). Je lui chuchote au début les mots magiques dans le creux de l’oreille mais apparemment, je ne suis pas Robert Redford et ce n’est pas un cheval. Je dois crier plus fort: « Baen! » qui veut dire « tourne » tout en associant ce cri à un coup de pied dans l’oreille droite ou gauche selon la direction que je lui demande de prendre puis « Maï! » pour « avance! » avec deux coups synchro dans les oreilles et puis je m’excuse entre les deux en espérant ne pas avoir été trop brusque avec mes coups mais il semblerait que les lobes de ces bêtes ne soient pas aussi sensibles que les nôtres.

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Enfin, après une ballade exquise et complice dans la jungle vient le temps de la baignade. Yuki pénètre de son pas lourd dans l’eau café au lait de la rivière Ruak et s’agenouille complètement ce qui fait que j’ai les Crocs, ces sandales disgracieuses que l’on m’a prêtées, dans l’eau. Yuki se fend la tronche! La voilà qui aspire de l’eau et asperge de sa longue trompe un autre client de l’établissement. Vlan! Trempé! Elle aspire à nouveau et retourne l’arme contre moi. Ben non… Là, c’est pas drôle.

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Nous ressortons trempés et boueux. Sur le chemin du retour, Yuki s’arrête pour machouiller des branches. « Rhooo… Mais « maï! » Je te dis » En descendant, je m’approche d’elle et sert sa trompe dans mes bras. Il parait qu’on peut leur parler et que même si les éléphants ne comprennent pas notre langage ils comprennent notre énergie. Je lui dis merci. Je lui souhaite d’être heureuse. Elle a de beaux yeux. Ils sont remplis d’humanité.

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