Tanzanie : Le dernier coucher du soleil du Sanctuary Kusini

Trois jours, trois nuits dans le  luxueux Camp du Sanctuary Kusini du parc national Serengeti avec mon ami Dik Dik, le futur club sandwich des prédateurs. Hakuna Matata!

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Je viens de passer trois nuits au camp Sanctuary Kusini dans l’une des dix tentes de luxe. Tous les matins que ce soit à 5h30 la première fois ou 6h15 les fois suivantes, on m’apporte le café à l’heure du réveil. Je le savoure sur le porche en peignoir tout en scrutant le lever du soleil. J’ai décidé de profiter de ce séjour pour suspendre l’envol de l’effroyable tictac qui empoisonne mon quotidien le reste de l’année. Ainsi, chargée d’une première dose de caféine, je prends la position du lotus sur mon lit. Les yeux clos, les mains jointes, je salue S.N. Goenka et notre ami le Dhamma, cette vérité simple et non faussée telle que le Bouddha l’a enseignée.

wpid-20150811_124747.jpgEst-ce que Bouddha connaissait l’Afrique? 10 mois sans pratiquer la méditation mais la voix de S.N. Goenka résonne comme si je l’entendais hier, il en va de même pour ma petite voix qui me pose mille questions par minute. En novembre dernier, j’avais séjourné 10 jours durant dans un centre vipassana en Birmanie. Notre maître que j’avais surnommé affectueusement Yoda nous avait alors conseillé le dernier jour de poursuivre la pratique quotidiennement et ce à raison d’une heure le matin et une le soir. Dans la foulée, j’ai voyagé 20 jours au Laos, alors oui je me levais à 5h30 pour respecter sa volonté. Sauf qu’une fois périclitée dans la frénétique Europe, je me suis empressée de mettre un terme à ce rituel matinal en jetant si brutalement mon réveil qu’il s’est cassé après le premier snooze. Alors dès aujourd’hui, ce cadre idyllique et sauvage deviendra l’écrin calfeutré qui me permettra de rechercher l’équilibre de mon fort intérieur.

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20 minutes plus tard… Je décroise les jambes. Je réessaierai demain, là je n’étais pas prête. Le déjeuner englouti, on part découvrir l’intrépide vie des animaux du coin. Notre jeep ne possède pas de fenêtres contrairement aux autres véhicules. C’est un plus pour observer les bêtes mais un ennui lorsqu’on traverse des nuages de mouches tsé tsé aux dents de vampire.

Mon guide me pointe du doigt des gazelles à moins que cela ne soient des antilopes. Mes préférées sont les dik-dik, des naines de 40cm. Sorties tout droit d’un dessin animé, ces cousines de Bambi ont le regard surpris puis enjoué quand la voiture passe. Elles sautillent, guillerettes, à nos côtés quand soudain… « vlan! » en moins de deux secondes, l’une d’elles passe de vie à trépas sous les crocs carnassiers d’un prédateur et devient « Dik-dik, the club sandwich ».

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Résumons. L’ennemi numéro un de tous ces animaux ? Le dentiste américain quinquagénaire et tueur du roi lion, qu’il s’appelle Cecil ou Alfred. Après… la chaine alimentaire devient un peu plus complexe. Le lion peut, en plein repas, être enquiquiné par les hyènes charognardes qui seront elles interrompues en plein assaisonnement de leur steak tartare par les vautours qui eux seront attaqués par les lions qui finiront les restes. Le cercle de la vie… Parmi les autres prédateurs, viennent ensuite les guépards et les léopards qui terrorisent constamment les pauvres zèbres et la tribu des bambis ou des warthogs. Mais gardons en tête qu’un lion mort redeviendra poussière (dixit la Bible si je ne m’abuse) et que cette poussière se collera à l’herbe que les dik dik brouteront tout en remuant inlassablement leur petite queue.

Même les végétariens, à l’instar de ces girafes hautaines et méprisantes, qui se contentent de mâcher les feuilles situées en haute altitude deviennent les ennemis des arbres. Les  branches des acacias ne vont-elles pas jusqu’à posséder des épines pour les convaincre d’aller voir ailleurs?

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Après il y a les clans: les buffles et les oiseaux forment une équipe de gagnants puisque les volatiles grignotent les insectes qui glissent sur le cuir velu de leur hôte et leur annoncent l’approche de l’ennemi en piaillant à tout vent.  En somme, mère nature n’est pas si mal foutue que cela.

             20150813_103034-2_resizedMais voilà, mon séjour prend déjà fin, ma valise est prête tandis que le chauffeur du Four Seasons gare sa voiture à l’entrée du Sanctuary Kusini. Je regretterai ces fins de soirées quand le ranger armé me raccompagnait à ma tente avec sa lampe de poche. Le dernier soir, j’avais insisté sur le fait que je connaissais le chemin et que rien ne pourrait m’arriver. Heureusement, il a insisté. A 20 mètres de ma tente, voilà qu’on entend le pas lourd d’un éléphant. J’ai fini le trajet agrippée au dos de mon protecteur tant j’ai eu peur.

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Dans 3h30 je serai dans mon nouveau chez moi. Pour que le trajet passe plus vite, Amani, le chauffeur du Four Seasons, a pris le soin de m’amener le journal du jour, enfin la sélection des gros titres faite par l’hôtel. Alors qu’on dépasse un hippopotame, j’y lis qu’un Croate a été décapité par l’EI. Dans la hiérarchie des méchants, ces crétins se positionnent avant le dentiste américain quinquagénaire. Il faudrait peut être lâcher quelques lions en Syrie pour rétablir l’ordre de la chaine alimentaire. Ah… mais il  y en a déjà, il y a les Kurdes, ces  courageux lions de Rojava.

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