Les portes d’artbasel s’ouvrent le mardi exclusivement pour les membres de la presse et les personnalités VIP et ce à 15 heures tapantes. Il existe cependant un sésame octroyant encore plus de privilège. De 11 heures du matin à 15 heures de l’après-midi, les heureux détenteurs de la carte Art Basel First Choice sont les premiers à découvrir le cru de chacune des 223 prestigieuses galeries retenues dans la foire la plus importante du monde. Plus rien à voir avec l’ambiance bon enfant de Liste. Ici les millions claquent lors de discussions calfeutrées entre vendeurs et collectionneurs venus des quatre coins du monde. Les petits ronds rouges s’alignent devant les oeuvres qui se vendent comme des petits pains. Et à 13h le pop des bouteilles de champagne retentit dans l’atrium. On retrouve chez Karsten Grave la taxidermiste de l’art contemporain, Claire Morgan, qui fige dans des fils en nylon une armée carrée de mouches. A cela vous rajouterez selon le gout du moment un bébé lapin, un oiseau ou un renard menacé par l’invasion de ces insectes. L’artiste présentée à la FIAC notamment côtoie dans la même galerie une vieille de la vieille, la défunte Louise Bourgeois.
Un peu plus loin, chez Marlborough Fine Art, Ai Wei Wei revisite 13 vases néolithiques (datant du 14 et 11e siècle avant Jésus Christ) en les barbouillant de peinture façon Barbapapa. Le prix? 500’000 USD.
Damian Hirst, pour sa part, expose au stand de la galerie White Cube son oeuvre Devotion, une rosace que l’on imaginerait très bien dans une cathédrale gothique du nord de la France. Sauf qu’il ne s’agit ici pas de vitraux mais de peinture et que des papillons réfléchis à l’infini remplacent les scènes bibliques. Le prix oscillerait autour du million de dollars.
Pas de doute, l’attention se concentre avant tout vers des galeries dites « Rolls-Royce » comme ici chez Gagosian qui ressort de son grenier les artistes bankables du moment à l’instar de Jeff Koons et de son merveilleux univers kitsch. 