Art Basel 2015 : les 12 grappes de la raison de Hubert Le Gall

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L’artiste lyonnais célèbre le vignoble champenois et signe un calendrier en verre soufflé pour la maison Ruinart, partenaire officiel de la foire Art Basel. Chacune de ses 12 sculptures raconte un mois de la vigne où le labeur de l’homme s’entremêle à l’évolution de la nature. En ressort le chardonnay, cépage iconique de ces bulles dorées. On rencontre le designer, artiste mais aussi scénographe le mardi matin au lounge VIP, alors que l’accès à la foire est encore réservée aux membres First Choice. Dans un bac, une bouteille glacée de Ruinart Blanc de Blancs transpire, allongée comme une sirène lancinante des vignes. « Darling, il n’est que 11 heures du matin », me susurre la Raison.

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Hubert Le Gall, aviez-vous déjà travaillé le verre soufflé ?

Oui pour des accessoires comme des poignées de commodes mais jamais en tant qu’œuvre d’art. Ce projet m’a permis de dégager du temps et de ralentir ma dynamique personnelle pour travailler cette matière que je ne maitrise pas. J’ai séjourné à plusieurs reprises à Murano où j’ai mené à bien cette réalisation au Studio Berengo.

A quel moment l’artiste cède-t-il le pas au maître verrier?

Le travail de communication se fait en amont avec une base dessinée en guise de référence. Sur place, je tenais le rôle de spectateur même si je restais derrière la main du maître verrier pour le diriger au moment des ultimes détails. Avec le verre soufflé, il faut impérativement connaître dès le départ la direction à prendre. Une fois le projet lancé, on ne peut plus faire marche arrière puisque la pièce est créée en fonction de son point final.

Le verre de Murano est célèbre car marqué par la main de l’homme, est-ce une métaphore du travail du vignoble ?

Chaque pièce raconte un moment de la vigne, un mois. En hiver, elle sommeille mais dès le printemps, l’homme travaille la sève, taille les grappes. Le rapport de l’homme à la nature devait se ressentir dans ce travail.

Lors du dîner Ruinart au château de Bottmingen avec Hubert Le Gall. images © Wolf Mike
Lors du dîner Ruinart au château de Bottmingen avec Hubert Le Gall. images © Wolf Mike

En plus de dessiner du mobilier, vous êtes aussi scénographe. Une manière d’aborder un art total ?

La scénographie est arrivée sur le tard. Mes clients m’ont proposé de décorer leur appartement et d’intégrer selon mon goût le mobilier que je leurs dessinais mais cela ne m’intéressait pas. Par contre, l’idée de valoriser le travail d’autrui pour une exposition dans un musée m’a tout de suite motivée. En plus du dialogue avec le commissaire, je mêle ma culture générale à ma sensibilité.

On reconnaît votre scénographie à la couleur. Où puisez-vous votre inspiration ?

J’ai effectivement osé intégrer une palette colorée dans les expositions. Le choix de ces tonalités est intuitif et nuancé. Je ressens des émotions qui me dirigent vers le chaud ou le froid. J’ai mis en scène l’exposition actuelle « Pierre Bonnard. Peindre l’Arcadie » au musée d’Orsay, il y a du bleu et des couleurs vives mais toujours en respect avec le travail de l’artiste.

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Frédéric Dufour, President & CEO de Ruinart (à gauche) avec Hubert Le Gall images © Wolf Mike

Maja Hoffmann, poétesse-mécène reçoit le 24e Montblanc de la Culture Arts Patronage Award.

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Jeudi soir, Maja Hoffmann recevait à la Kunsthalle de Bâle et ce en présence d’une centaine de personnes, le 24e Prix Montblanc de la Culture Arts Patronage pour sa première édition suisse. «J’aime l’art qui est engagé. L’art qui commente, discute, critique, observe et prend position dans notre monde», explique la collectionneuse mécène.

L’héritière des laboratoires pharmaceutiques suisses Roche, fondés à Bâle en 1896 par son arrière-grand-père, Fritz Hoffmann-La Roche, soutient avec énergie des artistes grâce à sa Fondation LUMA. Philippe Parreno, Julian Schnabel, Ugo Rondinone font partis des heureux à avoir bénéficié de sa générosité.

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Le Tamiflu se vendant plutôt bien dans les quatre coins du monde, l’entreprise réalise des milliards de francs et offre à Maja une liberté d’action non négligeable. Ainsi, la philanthrope helvète siège au conseil de nombreuses institutions culturelles. Parmi ses projets futurs, elle rêve de transformer la cité provençale d’Arles en une capitale mondiale de l’art contemporain avec d’ici à 2018, la construction controversée d’un bâtiment dessiné par Frank Gehry qui abritera sa fondation.

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Aujourd’hui, c’est à Bâle que se dessine, dans l’horizon de la ville, la nouvelle tour Roche signée par le duo helvète Herzog & de Meuron et c’est dans le cadre de la foire internationale d’Art Basel que la bienfaitrice a reçu un des onze instruments d’écriture Patrons of Arts, créés en édition limitée pour l’occasion dans les Ateliers de l’Artisan Montblanc – et dédié cette année à Luciano Pavarotti – ainsi que la somme de 15’000 euros en vue de financer une organisation de son choix : Human Watch Rights Switzerland.

Art Basel 2015 : Chez Almine Rech, on le dit avec une fleur

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Pari osé chez Almine Rech puisque la galerie confronte le regard de grands maîtres à celui d’artistes issus d’une scène émergente au travers d’une thématique florale. Ainsi quatre dessins de Pablo Picasso peints le même jour à savoir le 20 mai 1958 côtoient la peinture toujours féminine de Brian Calvin, figure de proue d’une nouvelle forme de figuration en Californie. On retrouve aussi Calder ou John Armleder qui a conçu une pièce exprès pour la foire et la galerie.

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