Hong Kong, la foire d’Art Basel et la décoration du homard

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A l’aéroport, la porte d’une Rolls Royce Phantom 2006 s’ouvre. A l’intérieur, une connexion wifi, une bouteille d’eau et un chauffeur ganté. Direction la légendaire « Grande dame de l’Extrême-Orient » à savoir le Peninsula. L’iconique hôtel de Hong Kong a crée un partenariat avec la principale institution indépendante pour les arts en Grande-Bretagne, la Royal Academy of Arts.

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Pour cette deuxième année de collaboration, et pour ma première soirée, un gala se tient dans le lobby en l’honneur de Conrad Shawcross. Parmi les convives, les pontes de l’art contemporain présents pour la foire Art Basel.

Dans le hall central se dresse le robot de l’artiste britannique, moitié Wall-E, le personnage crée par les studios Pixar, moitié grue de chantier. Cette installation poétique se meut avec sa pointe lumineuse au gré d’une cantatrice. L’oeuvre est visible durant la période de la foire d’art contemporain: l’une des raisons de ma visite.

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L’autre raison : la projection au festival de Hong Kong de mon court métrage « Nuestro Mar », nommé meilleur film suisse à Winterthur en novembre dernier. Reste que pile avant, j’ai un lunch avec l’équipe de la Davidoff Art Initiative au Pawn. Ce restaurant se situe dans l’une des plus vieilles maisons de l’île de Hong Kong. Au coeur du quartier Wan Chai, les trams à deux étages défilent sous nos yeux tandis que sur la terrasse aux colonnades coloniales, je tente de ne pas m’étouffer avec la fumée de mon cigare.

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Je croise Hans-Kristian Hoejsgaard, le patron de la prestigieuse société, en partance le jour même pour Taiwan et le Japon et rencontre Olivia McGilchrist. L’artiste franco-jamaïcaine présente cette année son projet de vidéo “from many sides”mandaté par Davidoff. mais voilà que mon film commence dans trente minutes.

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Je file en métro direction le cinéma Moko au 4e étage d’un centre commercial aux escalators tentaculaires. J’arrive essoufflée à la minute même où la présentatrice au bord de la crise de nerf s’apprêtait à inviter sur scène une de ses stagiaires pour me remplacer. Bon, je connais mon film par coeur et comme je n’ai qu’à le présenter je file me perdre à Art Basel Hong Kong.

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La moitié des exposants viennent d’Asie. Perdue dans la foule, je reconnais le travail de mon maître à penser, le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan. Il avait pris cette photo à Istanbul alors qu’il travaillait sur la préparation de son long métrage Uzak, que j’ai découvert en avril 2003 au festival d’Istanbul. Ce même film, un mois plus tard, recevait le prix d’interprétation masculine pour Muzaffer Özdemir et Mehmet Emin Toprak au festival de Cannes. L’acteur et cousin du cinéaste mourait avant sa consécration dans un accident de voiture en Turquie. Triste destin pour ce jeune homme qui avait tenté l’exode rural pour réaliser ses rêves à Istanbul et qui aurait pu se voir sacré meilleur acteur.

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Dans cette foire gigantesque, je trouve refuge auprès des galeries européennes ou américaines comme Gagosian, Karsten Greve, la White Cube, Perrotin, Thaddaeus Ropac ou encore les Zurichois Hauser & Wirth mais comment découvrir l’art chinois sans aide?

People holding a picture of Mao Zedong across the Yellow River, Henan, 2012

Le samedi matin, je rejoins le tour guidé de Soho. De dix heures à midi, on déambule dans les galeries de la rue Hollywood. La production chinoise se dévoile enfin. Ainsi dans La Galerie ouverte il y a moins de deux ans par un couple de français, le photographe Zhang Kechun – que j’avais déjà eu la chance de découvrir à Paris Photo en 2015 – immortalise avec nostalgie les évolutions de la vallée des Trois Gorges.

Quant à Wang Wusheng, il reproduit en noir et blanc des paysages montagneux et brumeux en jouant avec son grain reproduisant le principe des estampes et de leur perspective plate.

A la Galerie Yan, Shen Han Wu revisite l’époque communiste et immortalise des camarades portant tous le brassard rouge. Il pointe ainsi la société chinoise perdue des années durant dans un esprit de collectivité. Né en 1950 dans la province de Hubei, il grandit dans un milieu pauvre. Aujourd’hui, l’artiste se vend à l’international à prix fort élevé.

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En route, la guide nous montre des graffitis sur les murs. Et voilà qu’on reconnait l’artiste urbain français Space Invader aux côtés de M. Chat, un autre street-artiste de l’Hexagone venu marquer son territoire à Hong Kong.

Wet Swimming Pool - Mosaic Wall

Et puis, comme parfois il faut aussi savoir profiter de la vie et faire face à son jetlag, une petite pause s’impose aux abords de la plus haute piscine de Hong Kong, au 76e étage du W Hotel.

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Revigorée, je pars direction, la M+ Sigg Collection qui regroupe quatre décennies d’art contemporain chinois. Plus de 80 oeuvres (de 1974 – 2011) sur différents supports (peinture, calligraphie, sculpture, photographie, vidéo, installation) qui illustrent l’histoire et la transformation de l’art contemporain chinois. L’exposition met en parallèle les recherches d’un langage artistique nouveau avec les changement politiques, sociaux-économiques et culturels du pays avec aujourd’hui, un questionnement sur la globalisation et l’urbanisation sans cesse grandissante des mégalopoles chinoises. A noter que la collection est un don fait en 2012 par le collectionneur, diplomate et business man Suisse, le Dr. Uli Sigg.

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Et pour clore ce séjour, rien de tel qu’un dîner dans un restaurant deux étoiles Michelin. Le Summer Palace de l’hôtel Shangri-La sur l’île de Hong Kong possède cette déco traditionnelle des restaurants chics chinois: des lustres énormes et tables rondes pour accueillir des familles ou businessmen. Le Chef Ip Chi Cheun introduit dans sa cuisine cantonaise des références européennes mais cherche avant tout à préserver les saveurs de son enfance comme ici un homard frais accompagné par des oignons verts, des poivrons et des morilles. Je saurai désormais que ce qui se cache sous la carcasse du homard porte le nom de « décoration » et ne se mange pas (contrairement à ce que j’ai fait).

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