Udo Kier, entre drama queen et bad guy

Acteur de Fassbinder, Gus Van Sant ou encore Lars von Trier, l’Allemand vit aujourd’hui avec un cheval en plastique et des coyotes sauvages.

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Udo Kier a sillonné la semaine dernière les couloirs interminables de l’historique hôtel Pupp à Karlovy Vary. Invité de marque de la 5o ème édition du festival de film, l’acteur allemand basé depuis des années en Californie, enchaine les interviews, une masterclass et les présentations de ses films. Il sirote du vin blanc à chaque occasion et ne perd pas le nord en se plaignant dès qu’il le peut du froid, du chaud ou d’un serveur dont le sourire l’attriste.

« Je suis né de la manière la plus dramatique qui soit, à savoir dans l’Allemagne nazie, sous les décombres d’un hôpital bombardé. Ma mère avait demandé à l’infirmière de me garder un peu plus longtemps dans ses bras au moment où tout s’est écroulé. » Sa fée protectrice, assise à ses côtés, se ressert un verre de Becherovka qu’elle boit cul sec. Elle ne semble pas apprécier quand il ressasse ce triste épisode de sa vie. L’acteur lui lance un regard incisif et se ressert un verre de blanc. Le bleu de sa pupille a ce je ne sais quoi qui glace le sang. Un homme vindicatif semble-t-il.

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Sa fée s’est pourtant bien rattrapée par la suite en le faisant rencontrer les meilleurs réalisateurs. Son premier succès, il le doit à « Mark of the devil », en 1970, film d’épouvante (interdit dans 31 pays) dans lequel il est un chasseur de sorcières. Un jour, alors qu’il prend l’avion, il se retrouve à côté de Paul Morrissey, un ami d’Andy Warhol, qui lui propose de sucer le sang des vierges dans « Du sang pour Dracula » (1973). Il incarne la même année un autre monstre dans « Chair pour Frankenstein » en 3D. Puis, très vite, il devient le protégé de Rainer Werner Fassbinder: « Je faisais partie de sa famille d’artistes. Parfois, on officiait en tant que figurant, parfois on obtenait le rôle principal mais d’une manière ou d’une autre, on jouait toujours dans ses films. » Par loyauté, il attendra la mort de ce dernier avant de collaborer avec d’autres cinéastes allemands.

C’est grâce à Gus Van Sant qu’il obtient son permis de travail aux USA et démarre la pire période de sa carrière: celle des auditions. « C’est pire qu’un interrogatoire dans un poste de police, on a l’impression d’être un cheval qu’on examine. Encore heureux qu’on nous enfonce pas des doigts dans la bouche pour vérifier la qualité de nos dents. »

Et puis Lars Von Trier surgit. Ils se rencontrent dans un festival en Allemagne. « A ce moment, il n’avait pas de distributeur, nous avons marché ensemble jusqu’à une cabine téléphonique de laquelle j’ai appelé Pandora Films qui a acheté de suite son long. Et les suivants. » Leur amitié les fera collaborer huit fois ensemble.

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Aujourd’hui, Udo vit à l’écart du tumulte, isolé dans sa demeure de Palm Springs. « Je suis un homme du désert. J’ai  un cheval en plastique que j’ai surnommé Max von Sydow. Des coyotes sauvages s’approchent de temps en temps de mon jardin. Je les nourris. La vie est belle. »

Il repartira avec une statuette de 5 kilos dans ses bagages en hommage à l’ensemble de sa carrière: « Comme tous les autres prix glanés au fil des ans, elle finira dans les toilettes pour les invités. Tout le monde y passe à un moment ou un autre. »

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