« Fame » et NarsarsuaQ, le nouveau spectacle de Maud Liardon

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Direction l’ADC où se joue actuellement « NarsarsuaQ », la nouvelle création signée Maud Liardon. Des amis communs, on en a beaucoup mais je n’ai jamais pu voir son travail jusqu’à ce jour. La danseuse, devenue chorégraphe et maman, interroge ici son père lors d’un voyage sonore qui nous entrechoque brutalement avec la terre enneigée du grand nord. Flanqué d’un Jacques Brel aux commandes de l’avion, le paternel, qui a été son instructeur de vol, se voit obligé d’atterrir en urgence à Narsarsuaq, petite ville dans le sud du Groenland alors qu’il rêvait des plages de la Guadeloupe. « C’est lors de cet accident que je suis devenue la filleule du chanteur. A ce moment, Jacques voulait changer de vie et abandonner sa carrière, alors au faîte de sa gloire. J’ai eu l’occasion de le rencontrer à plusieurs reprises quand j’étais petite mais j’ai surtout grandi empreinte par son héritage artistique », expliquera la créatrice helvète à l’issue du  spectacle, un verre de rouge à la main.

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Sa pièce propose d’explorer les tréfonds étranges des processus de création et des éléments de hasard qui peuvent bouleverser une vie ou plus généralement LA vie. Narsarsuaq devient dès lors un lieu imaginaire, un lieu utopique, un lieu nimbé de mystères insondables…

Sur scène, entre trois icebergs condamnés à fondre symboliquement, trois spermatozoïdes provenant du théâtre (Léa Pohlhammer, Catherine Büchi et Aurélien Patouillard) s’initient, sans gêne, à la danse façon « Fame ». Le trio revisite aussi le répertoire gestuel de Brel transformant ses mimiques en une chorégraphie polyphonique. Les moments dansés sont ponctués par des brèves de comptoir, cigarette au bec. Tout y passe:  la relation clichée entre les hommes et les femmes, la responsabilité écologique de tout un chacun mais aussi et surtout ce présent qu’on oublie d’apprécier et ces rêves qu’on refuse de réaliser peut être par peur, peut être par paresse.

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On repense aux paroles originales de « Fame », enfin de « Gloire » puisque la chanson est traduite sur scène en français:

I’m gonna live forever
I’m gonna learn how to fly
High

I feel it coming together
People will see me and cry
Fame

Et voilà qu’à la fin de la représentation, une spectatrice baille un « Je n’ai rien compris ». L’envie me prend de lui rappeler que l’art ne se comprend pas, il se ressent. Un autre glisse à son voisin: « Tu sais, j’ai bien réfléchi, je vais reprendre mes cours de parachutisme. » Voilà quelqu’un qui s’est fait bousculer peut-être même sans s’en rendre compte. Et bien oui, darling, vis tes rêves, ne les rêve pas… « Fame! I’m gonna learn how to fly… »

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