La Fashion Week de New York: Mara Hoffman et les graffitis de Bushwick

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Il y a tant de choses à déflorer à New York. Entre deux défilés, je file en métro découvrir les graffitis de Bushwick, à l’est de Williambsurg. Free Tours by Foot organise plusieurs fois par semaine une visite du quartier industriel en passe de devenir un ghetto pour bobos / hipsters / normcores (je ne sais plus à ce stade comment on appelle ces gens qui grignotent des branches de céleri avant de se lécher la moustache blanchie par le lait de chèvre bio qu’ils viennent de boire).

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Dans les rues de Bushwick, je lève les yeux pour découvrir le street art made in USA avec en special guest Cost, l’un des graffeurs les plus marquants de ces 20 dernières années. Ce dernier a souvent dû passer par la case prison pour vandalisme. Je reconnais Space Invader, un autre roi de la bombe, qui sème sans vergogne ses mosaïques dans les mégalopoles. A un croisement, voici le travail de Blek le Rat, le graffeur pochoiriste français connu comme l’un des pionniers du Street art. Je comprends enfin que, chaque année, le Bushwick Collective organise un festival et offre des parois murales à une trentaine d’artistes venus des quatre coins du monde. Après une pizza engloutie au Roberta’s, lieu fréquenté tant par les Clinton que par Beyoncé et Jay Z, je retourne direction Manhattan le cheveu frisant à vue d’oeil sous une pluie impertinente.

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A 15h, commence le défilé tant attendu de Mara Hoffman au 558 Wasington Street. Je sors du métro au pifomètre et me gourre dans les numéros. Je suis au 850 et le défilé commence dans 5 minutes. Panique à bord, je me mets à courir tout en gesticulant mon bras télescopique en direction des taxis occupés. J’arrive suintante et le souffle court à l’entrée du bâtiment. La plupart des invités se pavane encore à l’extérieur.

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Je ne connais personne parmi ces people mais j’amuse la galerie en demandant aux photographes : « et elle, c’est qui?  » On m’explique alors que les soeurs Quann sont des jumelles qui influencent la mode grâce à leur blog populaire « Urban Bush Babes » crée il y a quelques années. Des dizaines de milliers de followers plus tard, elles sillonnent les front row des défilés new yorkais.

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Les soeurs, à la crinière sauvage ou à la tresse kinky, affolent les éditrices par leur message : « accepte ta personnalité et fais de ta différence une qualité. » Takenya et Cipriana Quann sont aujourd’hui des it-girls noires qui apparaissent même dans les publicités de Gap. A 28 ans, l’une chante, l’autre blog mais les deux ne se peignent jamais les cheveux.

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 Le défilé commence. Après les graffitis de Bushwick, je me déleste devant ces imprimés happy. J’imagine siroter une limonade fraiche sur la terrasse de ma demeure imaginaire des Hamptons. Un bandeau dans les cheveux et une guitare posée négligemment sur une chaise en osier. J’imagine faire appel à un graffeur pour peindre un pan de mur à l’image des nuages de ma robe le temps de ma garden party organisée sous un soleil forcément bleu. Au final, la mode et le street art sont des vases communicants.

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Les 46 tenues de Mara Hoffman provoquent une salve d’applaudissements. Je suis moi-même conquise et me réjouis de retrouver dans quelques mois cette nouvelle collection à la boutique la Muse à Genève. En sortant je remarque deux élégantes asiatiques. Encore deux soeurs m’explique-t-on. Aimee est accompagnée par Dani Song (en blanc), elles influencent les fashionistas du monde entier avec leur blog « Song of Style » et ses décorations qui claquent et Instagram. Ensemble, elles ont lancé leur ligne de vêtements « Two Songs ». Je regarde le soir le parcours d’Aimee sur Internet et découvre une vidéo sur son quotidien. Je n’ai qu’un point commun avec elle : je bois depuis trois jours un jus de Kale à l’heure du réveil. Mais après, j’enfile en une minute mon jean jeté la veille au pied de mon lit tandis qu’elle passe à peu près 4 heures à choisir son look.

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Découvrir la collection Mara Hoffman en Suisse ? Une adresse: lamuseboutique.com

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